Retour sur le net.art

En 2002, j’écrivais, au sein d’une note pour l’Université de Liège relative à la possibilité de création artistique avec Internet (les facultés étaient muettes sur le sujet à l’époque, sauf au Canada - Laval - ce n’est plus le cas aujourd’hui) :

L’œuvre de net.art, parce qu’elle s’instancie au chargement de la page, est irrémédiablement séparée de son support, elle s’en désolidarise. L’équipement lui-même devient objet interprétant : la transmission sur internet menacerait ainsi l’authenticité, la teneur de l’œuvre. Mais, en se désolidarisant de son support, elle en devient par la même occasion intimement tributaire. Son infinie reproductibilité est également son impossible reproduction, car elle dépend de l’équipement (informatique) qui lui offre son instance, et qui est donc acteur du processus créatif et artiste lui-même. L’enjeu de l’œuvre d’art visuel sur internet pourrait être la recherche d’une nouvelle forme d’expérience avec l’acteur-regardant, de nouvelles relations à l’œuvre ; l’exploration de nouvelles possibilités esthétiques. L’évolution de la technologie, donc de l’acteur-support, altère la nature de l’œuvre. L’œuvre se transforme perpétuellement ; elle présente constamment une forme aussi unique qu’éphémère. C’est la reproduction interactive en temps réel, qui génère une nouvelle forme d’aura.

Bon… ceux qui en ont le courage peuvent lire le texte in extenso ici. Le lecteur y trouvera quelques réflexions sur la création artistique participative grâce aux réseaux, notion qui, depuis un peu moins de deux ans, prend tout son sens et une ampleur insoupçonnée avec les Facebook, LinkedIn et autre Viadeo.

Ceci n’est d’ailleurs pas sans me rappeler l’expérience de l’université De Montfort appelée A Million Penguins, et dont le principe consiste à rédiger en six semaines un roman sur la base d’un wiki, un roman participatif donc. Trrrrès intéressant projet, qui explore à la fois les aspects collaboratifs de l’intelligence collective (on dira “intelligence sociale” maintenant) et la compatibilité de l’égo créatif (un écrivain en l’occurrence) avec ces nouveaux paradigmes.

Si quelqu’un est intéressé par le lancement d’une expérience similaire en français, qu’il n’hésite pas à me contacter !

Merci à toute l’équipe !

Ce mercredi 8 octobre est mon dernier jour chez LBi en tant que Strategy & Planning Director. J’y serai resté presque neuf années, c’est donc le coeur assez lourd que je prends congé d’excellents collègues.

Je profite de ce billet pour spécialement rendre un modeste hommage à mon équipe du département Strategy & Planning (& Media & Creative :-). Je remercie chacun d’entre eux pour leur enthousiasme, leur motivation, leur terrible esprit d’équipe et leur ouverture d’esprit. Je leur souhaite une continuation digne de leur compétence et de leur humanité. C’est à eux, d’abord, que je pense en quittant le navire.

Good luck, old chaps !

Les réseaux sociaux et l’entreprise

Vaste et passionnant sujet sur lequel Early Stage se penche depuis quelques temps, persuadée qu’il s’agit là d’un enjeu fondamental pour les entreprises dans les prochaines années. Bien plus que la problématique de recrutement, le “corporate social” touche les domaines plus vastes de GRH, de management, de partage de connaissance, d’outils partagés, d’éthique, de performance, de productivité, et même de philosophie (l’ensemble habituellement condensé dans le terme un peu spécieux de “Entreprise 2.0″).

Un enjeu que mon pote Roald a très bien compris dans sa réflexion sur la socialligence (intelligence sociale, tissu d’interaction entre les membres, à distinguer de l’intelligence collective, résultat de cette interaction).

A titre d’introduction à cette problématique, le petit film de Michaël Wesch sur la révolution de l’information.

Funny little Belgium (un stuuût ?)

J’ai eu la chance de co-écrire le dernier spectacle de Marc Herman (le 5ème Stuuût), lequel est, par la force des choses, devenu un bon pote avec qui nous avons quelques projets dans les cartons :-). Voici un extrait de ce dernier stuuût.

Que fait Early Stage ?

Early Stage est le nom de la société fondée en juillet 2008 par Sinople et Nerys (la société de Bart), active dans le conseil stratégique en e-business et innovation. Quelle en est la mission ? Quelle est l’origine du besoin ?

Ruissellement stratégique

Au fur et à mesure que les projets interactifs (principalement digitaux) ont gagné en importance stratégique au sein des entreprises et institutions, ils ont en même temps atteint des couches organisationnelles que l’on croyait pourtant épargnées par ce type de questions : ressources humaines, capacité stratégique au changement, maturité technologique, environnement concurrentiel, positionnement et politique d’innovation, etc.

Il n’est plus envisageable, actuellement, de concevoir le déploiement d’un projet interactif (digital) d’une certaine envergure sans analyser préalablement l’impact transversal et pluridimensionnel qu’il va générer alentours : en interne (compatibilité technologique, humaine, budgétaire, organisationnelle, etc) et vers l’extérieur (différentiation, innovation, concurrence, etc).

Précipitation dans le produit

De trop nombreux projets interactifs, pourtant considérés comme stratégiques par les entreprises qui les initient, se précipitent aveuglément dans leur résultat, n’envisageant que l’analyse et le développement d’un produit fini, comme un tout singulier et autonome, dont la qualité intrinsèque suffirait à satisfaire le besoin identifié qui a présidé à son éclosion.

C’est oublier que tout produit interactif n’est en soi qu’une seule des composantes d’une réponse plus globale, n’en constitue qu’un des éléments, lequel interagit, par définition, avec ses environnements (interne et externe). La négligence de ces environnements conduit très souvent à de très beaux ouvrages, parfaitement inutiles.

Triangulation analytique

Early Stage développe et améliore en permanence une série d’approches méthodologiques visant à embrasser rapidement l’ensemble des problématiques qui entourent les premières phases des grands projets interactifs et digitaux. Ces méthodologies ont pour matière première des aires d’influence et des outils d’analyse.

Les aires d’influence

Les outils d’analyse

Collecter l’information
Outils d’optimisation de la collecte d’information (workshops, entretiens, panels, enquêtes, focus groups, enregistrements et captations, etc)

Compiler l’information
Outils de génération de valeur ajoutée (croisement des données, analyses comparatives, benchmarks, confrontation aux standards, etc)

Analyser l’information
Techniques d’analyse internes (brainstorms, sauts qualitatifs, etc) permettant la génération de résultats (audits, recommandations, prospective).

Sécuriser les fondations

La mission d’Early Stage consiste à sécuriser les fondations des projets digitaux. Cette ambition est sous-tendue par une série d’objectifs très concrets.

Offrir une consultance préventive

  • Aligner les multiples intervenants sur une vision commune et partagée
  • Intégrer le produit fini dans la chaîne de valeur de l’organisation
  • S’assurer que les bonnes décisions soient prises dans les toutes premières phases
  • Eviter les erreurs initiales et les choix précipités
  • Réduire les risques et l’incertitude

Identifier les bons accords

  • Identifier les liens entre le produit, ses objectifs, l’organisation, la technologie, l’audience, l’environnement, la concurrence et les intervenants
  • Analyser les risques et bâtir un plan de mitigation

Agir en tant qu’avocat du client pour les phases ultérieures

  • Intervenir avec le client avant l’implication de tout fournisseur
  • Superviser les intérêts du client tout au long du cycle de vie des projets
  • Vérifier et assurer la qualité de l’exécution
  • Vérifier en permanence la conformité des livrables intermédiaires et finaux avec les directives stratégiques et fonctionnelles
  • Favoriser et évaluer l’intégration optimale du produit au sein des processus de l’organisation

Pour remplir ces objectifs, Early Stage fournit une série de livrables orientés vers l’action.

UCLBook (mon dieu !)

Avez-vous remarqué (dans un magazine ou un article) la campagne récente de l’Université Catholique de Louvain pour le rassemblement de ses Alumni sur un site communautaire façon Facebook, baptisé UCLBook ?

Il y a aussi l’avocat et l’architecte.

La campagne est excellente, et ses résultats doivent l’être tout autant, poussés par le relais de la presse généraliste qui a commenté l’initiative peu banale d’une communication académique sous les codes publicitaires capitalistes.

Une question cependant me turlupine : le nom UCLBook, référence patente au “modèle universel” (également né d’une université), qui singe littérallement, dans un objectif inavoué d’appropriation ou de simplicité, un succès antérieur, parfaitement noyé dans l’économie de marché, diamétralement opposé aux valeurs et aux objectifs académiques poursuivis par une université, chancre de l’esprit critique et de la distanciation. Je trouve ce choix extrêmement malheureux, venant d’une institution à l’excellente réputation (et pour qui j’ai eu la chance de fournir quelques conseils stratégiques, d’ailleurs :-))

Cleverwood dans Trends/Tendances

Petit article sur Cleverwood paru dans le Trends du 25 septembre (le PDF est ici). C’est toujours un plaisir :-)

YouTube anthropologisé

Michaël Wesch, subitement célèbre grâce à sa spectaculaire vidéo didactique sur le Web 2.0 en 2006 (The Machine is Using Us, visionée près de 7 millions de fois sur YouTube), poursuit, à l’université du Texas, ses travaux anthropologiques sur la digitalisation de la vie sociale, et a présenté, le 23 juin dernier à la Librairie du Congrès Américain, une conférence intitulée “An anthropological Introduction to YouTube”, un vrai moment de bonheur intellectuel pour tous les professionnels du conseil interactif.

La formule secrète du business (si si)

C’est ainsi que Sales Dog nous attire dans ses filets pour nous présenter, en un peu plus de 3 minutes, la recette ultime de la réussite en affaires (the Ultimate Secret Formula for Successful Business). Les Porter, Kotler, Taylor, Weber, Simon, MIT, Stanford, Solvay et autres MBA peuvent juste aller se rhabiller : Sales Dogs a LA solution. En 3 minutes chrono.

C’est le magazine Bizz By Mail (du Trends/Tendances, donc, hein…) qui nous a transmis ce… euh… ce bijou, sans commentaire ni explication : en espérant que sa rédaction ne soit pas déjà endoctrinée…

Ensemble, on peut tout faire

L’autodérision et l’humour, nappés d’une fine couche de sentimentalisme orthodoxe, donnent des résultats d’une étonnante efficacité.

La cohésion naitra de nos différences, et cette amusante leçon rappelant notre devise nationale (vous savez, l’union, la force, tout ça…), si elle s’adresse à la communauté Wallonie-Bruxelles, appelle aussi à son interprétation nationale : ensemble, on peut tout faire. Francophones et Flamands aussi. Belges.