Abattre les murs des musées

Cet excellent spot publicitaire pour le MoMa réveille en moi de vieilles lectures muséographiques, dont je suis heureux de retrouver une épure dans une communication above the line. A l’aube du 21ème siècle, théâtre d’une réalité immédiate où la planète n’est qu’un globe oculaire omniscient (même s’il est sélectif, souvent), le concept de “musée” a-t-il encore un sens ? L’art n’a-t-il pas achevé son émancipation institutionnelle, muséale, maçonnée ?

Et bien non. Ce que nous dit ce spot, c’est qu’aujourd’hui les murs des musées abritent la métaphore calme et sereine de la trépidance imprévisible du dehors. Que chaque pièce est l’autre versant d’une colline, votre monde invisible, votre instantané, votre passeport vers l’infini.

Les musées aimeraient être les églises d’aujourd’hui. Une zone franche, neutre, protectrice, silencieuse, hors du temps et de l’espace, qui offre un regard sur le monde différent et pacifié.

Powézie :-)

Ma douleur, Caroline, sera donc éternelle
Et les aimables soins
Que prodigue en ce jour ta présence charnelle
Ne l’apaisera point

Assurément mon corps tressaillit du plaisir
De ta caresse vive
Il en gémit pourtant tel un vivant martyr
Que la survie motive

Cruel est ce délice que le tourment taquine
De son dur aiguillon
La torture aboutit, tu me tues, Caroline
Pitié, pitié, pardon !

Ôtez-moi, par pitié de ce lieu de débauche
Car le plaisir n’est roi
Que lorsque tu retires ton talon-aiguille gauche
De mon gros orteil droit

Ancienneté des moeurs administratives

“Ce qui caractérise l’administration, c’est la haine violente que lui inspirent indistinctement tous ceux qui veulent s’occuper d’affaires publiques en dehors d’elle. Le moindre corps indépendant qui semble vouloir se former sans son concours lui fait peur, la plus petite association libre, quel qu’en soit l’objet, l’importune ; elle ne laisse subsister que celles qu’elles a composées arbitrairement et qu’elle préside. Les grandes compagnies industrielles elles-mêmes lui agréent peu ; en un mot elle n’entend pas que les citoyens s’ingèrent d’une manière quelconque dans l’examen de leur propres affaires ; elle préfère la stérilité à la douceur d’un peu de licence pour les consoler de leur servitude, le gouvernement permet de discuter fort librement toutes sortes de théories générales et abstraites en matière de religion, de philosophie, de morale et même de politique. Il souffre volontiers qu’on attaque les principes fondamentaux sur lesquels reposait jusqu’alors la société et qu’on discute jusqu’à Dieu même, pourvu qu’on ne glose pas sur ses moindres agents.”

Elégant trait d’Alexis de Tocqueville, d’une modernité remarquable, et pourtant oeuvre de la première moitié du 19ème siècle. Cet Alex est décidément un auteur à relire, débarrassé de la contrainte universitaire, et avec le regard neuf du consultant en Politique 2.0. Je gage qu’on y retrouvera quelques perles du genre !