La Rédemption du Téléphone

(Ecrit deux mois avant le décès de Steve Jobs, et pourtant…)

Je suis le Téléphone, le Neuf, l’Immérité. Le prince des mitaines aux applis de génie. Je suis le Téléphone, et pas n’importe quel modèle : l’intelligent, le smart, celui doté de raison, d’auto-détermination électronique. Celui qui décide de son sort, s’allume et s’éteint au gré de ses caprices. On me chérit tel un joyau, ultime échelon de l’évolution bigophonique, loin des grésillements de Graham Bell et du cotillon des opératrices ; loin des cadrans circulaires, des boutons noirs et carrés ; loin des Snake et des icônes monochromes. Six millions de pixels sous le capot, que n’écorchent nulle aspérité, nul clavier, nulle touche apparente, boursouflures d’une génération révolue. Ma surface est plane, éternelle, ténébreuse, pourtant elle y accueille le royaume des mondes. On peut tout y lire, il y a une application pour tout ; je suis l’Hospitalité Ultime.

Je suis le vecteur des appels que j’autorise, je les rends possible. Sans moi, point de contact. Sans moi, l’enfant se perd et l’amant s’éloigne. Je suis la porte des soupirs, le passage du nord-ouest, le cerbère des assauts inassouvis. La promesse d’un bonheur distant. D’un attouchement délicat, je rapproche l’affectionné, congédie l’indésirable. Je sais tout de mon propriétaire, et j’en conserve l’âme : carnet d’adresses, messages, secrets et confessions, trahisons aussi. Je suis le Confident, la Mémoire et le Journal. L’ami fidèle, l’outil vital, l’extension de soi.

Ce matin, le léger tangage de l’autobus affole mon altimètre et retarde ma mise en veille. Coincé entre deux banquettes de skaï orange, je me sens faiblir. Mes ballasts  s’assèchent à grande vitesse dès que mes Hautes Fonctions s’actionnent. Les sièges du transport public suintent la sueur du peuple, je ne suis pas sensé m’y vautrer, et j’angoisse. Plusieurs paires de hanches humaines se succèdent à mes côtés, m’ignorant telle une épluchure de pomme. C’est d’ailleurs ce qui orne la face arrière de ma carrosserie, un fruit d’argent prudemment croqué, symbole du triomphe sucré de mon Créateur. L’agrume du bonheur, la vitamine C du snobisme qui essaime son art de vivre comme un bacille tuberculeux. Et là, pressé de faux cuir et vraie chair, l’effet s’estompe et se dérobe aux regards envieux de ceux qui en sont dépourvus. Mes loupiottes se voilent et mes sons vacillent. Mon propriétaire, mon Maître, m’aurait-il… m’aurait-il abandonné ?

C’est la faille, le talon d’Achille, le conflit intérieur permanent : la peur de l’abandon. L’espérance de vie de mon espèce s’écourte à mesure qu’elle prolifère. En moins de deux ans, la majorité d’entre les nôtres sont remplacés, oubliés, perdus – ou pire : flanqués au rebut ! Tôt au tard, nous sommes tous sacrifiés sur l’autel du progrès, cédant nos atours au profit d’un autre, plus puissant, plus fin, plus cher. Croquez la pomme, et vous serez chassés du paradis. Or, je suis jeune encore, vaillant, musclé ; je n’ai jamais failli, jamais planté. Pas le moindre symptôme de faiblesse. C’est l’évidence : mon maître m’a répudié. Renié telle une épouse inféconde, lui qui, il y a peu de mois, m’avait choisi, l’œil en feu, parmi des dizaines d’autres, quand je trônais dans une vitrine surchauffée en offrant mon meilleur profil, qui criait « moi, moi, moi ! ». Je suis abandonné, moi, le Téléphone. Mon seul bouton sanglote, ma seule étoile et morte. Mon luth constellé porte le soleil noir de la mélancolie. Ma douleur sera donc éternelle, et mon éclat refroidi. L’extension de Lui s’effiloche. Je m’éteins, me décharge ; je m’oublie, m’inutile. Les affres de la Réincarnation s’ébauchent ; ferai-je le bonheur d’un moins riche, envoyé en Afrique ? Serai-je démonté, recyclé ? Ou bien trouverai-je un nouveau maître avant d’avoir vécu ? Un passant, un quidam, un samaritain qui pourrait avoir pitié d’un appareil agonisant. Cet espoir attise mes dernières ardeurs, et je clignote, éperdument, du fond de ma fente qui est aussi mon linceul.

Nul secours, nulle halte dans la folle course du monde. Les voyageurs s’encourent, qui au bureau, qui à l’école, et n’aperçoivent que leurs ennuis surgir au coin de l’œil. Pas un n’aurait la bonne idée de glisser lentement la main entre les sièges, comme un petit plaisir intime, un travers innocent, comme on aime empoigner la farine sèche ou laisser ses doigts sous l’eau tiède. Il m’y trouverait pourtant, et d’une reconnaissance infinie je lui paonnerai mes reflets chamarrés, une dernière fois avant de m’endormir. J’oublierai mon premier propriétaire, idéal et cruel, qui, sans un regard, a préféré le monde. J’aurais pu sonner, frissonner, me rappeler à sa mémoire par quelque artifice vibratoire ; j’aurais pu, si j’avais su. Ma confiance était totale, et ma naïveté confondante. L’humain s’attache puis s’enfuit. Il butine, de gadget en machine, il y consacre une fortune, et il se lasse, infidèle, irrévérent, brutal parfois. J’ai connu des frères qui se sont fracassés sur des murs, victimes expiatoires de la rage quotidienne des hommes. Et pourtant, bonnes pommes, nous persistons à nous jeter allègrement dans leurs paluches, dans leurs gueules de loup ; ils continueront à nous hurler au micro, à taillader la grammaire à coup de canif, à nous utiliser comme boucs émissaires, messagers d’infortune, ambassadeurs d’infamie. Nous resterons le voile opaque qui les protège du poids de leur charge et de l’absurdité de l’existence. Nous compenserons le mal enfoui, la déchirure originelle.

Soudain, je tressaillis. Une main moite effleure mon flanc. Fine, douce, délicate ; féminine à n’en point douter. Une main de jeune fille, quatorze ou quinze printemps, sans doute. Je les connais, les mains ; c’est ma spécialité : je suis tactile. Ma condition consiste à répondre à la caresse des doigts, aux pressions différentes, aux vitesses changeantes. Ceux-ci sont minces et graciles, leur étreinte est une câlinerie polissonne, et je palpite aussitôt sous ces mamours voluptueux. La demoiselle m’a trouvé ! Dans mes derniers instants d’énergie, je savoure le tripotage sensuel qu’elle prodigue à ma carlingue, et je distingue un sourire d’une interminable largeur. Je fais une heureuse dans la morosité de l’aube. Je le suis davantage encore. L’abandon précède l’adoption ; je ne finirai pas mes jours enfoui dans une caisse en carton avec mille autres cousins. Ô merveille du jour, ma beauté, ma jeune princesse, merci, merci, gloire à tes explorations digitales, longue vie à tes manies de gamine, bénie sois-tu d’avoir faufilé tes extrémités à la recherche d’un plaisir discret : tu m’as relevé du tombeau, Lazare endormi, et le jour se lève à nouveau sur notre vie nouvelle. Nous y boirons le jus de la treille où le pampre à la rose s’allie. Mon front est rouge encore du baiser de la reine : ce matin, j’ai trouvé un propriétaire dans le bus.

-Laurent Kinet
10 août 2011

On n’est pas couché : une réflexion (suite)

(suite du post précédent)

C’est au tour de Francis Lalanne de prendre place dans le « fauteuil », sellette intelligemment disposée coté cour, face aux rosiers du jardin. Il y fut convié suite à la parution de son dernier opus, un livre en forme de mise en demeure au président de la république française, brûlot politique rédigé en vers libres, forme habile rappelant qu’il est artiste aussi, et qu’un mélange des genres n’est pas pour effrayer le vieux briscard, qui en a vu d’autres. L’homme est élancé, élégant, le jean serré dans les bottines et le cheveu dans le catogan, matamore de cape et d’épée, el capitan des belles lettres françaises. La première question de Ruquier, neutre et bienveillante, lui attire une réponse franche, directe, pétrie de vocabulaire juridique (« proroger le mandat ») et de subjonctif imparfait (« j’espérais qu’il inversât cette logique »). Je souris en pensant au chanteur débattant politique dans un livre, mais en ces temps de convergence médiatique, qui s’en étonne encore ?

Sur le plateau, le dramatis personae s’étale le long des tables. J’y vois une jeune actrice blonde (de cheveu) et un grand noir (de peau) dont les noms m’échappent, et je reconnais Jean-Marie Bigard. C’est alors que la tragédie commence ; l’acte premier s’amorce avec l’intervention de Zemmour, plantant le décor des hostilités à venir tel un étendard de délicatesse, et citant Jacques Chirac : « C’est intéressant. On est en train d’enculer une mouche qui ne nous a rien demandé. » La réaction de l’enculeur ne se fait pas attendre : il réplique illico qu’avec un démarrage pareil, il arrête, qu’il « accepte la controverse, mais pas la grossièreté », que « la discussion est intéressante si elle a lieu convenablement », puis d’autres formules préparées pour le cœur de la bataille, et trop tôt décochées. La discussion incriminée n’a produit encore qu’une plaisanterie chiraquienne, et la défense abat toutes ses cartes à la volée, un peu comme le cow-boy faussement brave qui attend la moindre étincelle pour vider ses chargeurs dans une rage pétaradante. Dès cet instant, on comprend que Lalanne, redoutant l’affrontement depuis des jours, a dû fourbir ses lames qui, à ce point affûtées, sont parties toutes seules au premier trait. A force de craindre le feu, on finit par le bouter soi-même, et c’est précisément ce qui arrive. Les minutes qui suivent voient les deux protagonistes évoluer dans une commedia dell’arte burlesque autant qu’effrayante, où le pauvre Francis se débat à coup d’aphorismes (« Rendons à Chirac ce qui appartient à Chirac »), de numérologie (« c’est basé sur l’article 16 de la Déclaration des Droits de l’Homme, pas l’article 16 de la Constitution, ça c’est la loi martiale »), de querelle d’experts (« Article 25. » – « Non : article 20. » – « Peu importe, 20 ou 25. »), de bureaucratie (« Article 29, dernier alinéa »), jusqu’à ce que Bigard, en bon Gemini Criquet, y mette un terme par un claironnant : « Article 28. Puis t’auras le 32 ! », ce qui occasionne un éclat de rire collectif au sein du public, allez savoir pourquoi.

Profitant d’une accalmie passagère, Zemmour y va de son petit couplet sur l’histoire de France contemporaine, remontant aux aurores de la cinquième république. Il n’a pas le temps d’en revenir, interrompu par Lalanne qui l’invective : « Tu as quel âge ? Moi, je te parle des gens d’aujourd’hui. » Et Zemmour : « Mais je me fous des gens d’aujourd’hui ! » A partir de là, l’argument se confond à la réplique, les esprits s’échauffent, l’absurde éclot en cet échange où n’importe plus que le dernier mot, quel qu’en soit le sens, ce qui génère ce moment d’anthologie télévisuelle :

« Lalanne – Toi qui es profondément bonapartiste, tu ne vas pas me sortir le déterminisme historique de Karl Marx !
Zemmour – Bien sûr que si !
Lalanne – Donc tu es marxiste.
Zemmour – Mais oui, bien sûr. »

Ces premiers engagements ne sont pourtant que l’antichambre du drame, qui va subitement, avec l’acte deux, se précipiter dans la rixe pure, quoique orale uniquement, encore que, comme nous le verrons, il frôlera la sincère bastonnade avec la seconde charge, menée par Naulleau qui, honorant son fiel incisif, balance une bonne charretée d’amabilités sans sourciller, et notamment : « Si y’avait eu dix pages de plus, c’est juste si tu avais demandé l’asile politique en Corée du Nord. Le niveau des textes est au bord du délit culturel. Les crimes : mise sur le marché de vers de Mirliton non homologués, possession et revente de niaiseries en stock. C’est en dessous du niveau de la mer. » Il n’en fallut pas plus pour que, d’un débat houleux mais honnête, la scène se mue en indomptable baston, courrouçant les voix, fronçant les sourcils, rougissant les faces, pinçant les lèvres et dessinant les veines frontales. La naïve tentative d’apaisement de Ruquier (« Naulleau, je vous trouve sévère ») n’y est d’aucun secours. Lalanne s’emporte, hurle, gesticule sur sa sellette comme s’il y brûlait du charbon, et commet alors l’irréparable : la perche absolue et parfaite. « Je ne t’autorise pas à me juger. Je ne l’accepte pas. Pour qui tu te prends ? Tu t’arroges le droit de dire ce qui est bien et ce qui est mal. Tu es un inspecteur des travaux finis. » – Et Naulleau : « Mais ils ne sont pas finis, tes travaux. »

Cela ne suffit pas. L’animal est à terre, mais il respire encore. Troisième acte. C’est l’instant d’estocade. Naulleau propose alors de répondre à la poésie de Francis par une intervention versifiée, « façon Lalanne », dont je vous fais grâce ici, à l’exception de ce joli proverbe : « A péter plus haut que son Q.I., on risque de ne souffler que du vent. » Il faut reconnaître ici l’élégance de Lalanne qui, assommé, balafré, trouve encore le panache de faire face, tel Cyrano au vicomte, poète, et tellement qu’en ferraillant il va – hop ! – à l’improvisade, lui composer une balade. C’est ce qu’il fait, il répond, main levée, lippe écumante :

Enfin, encore un mot qu’il ne faut pas qu’on perde
Retiens-le pour le dire à tes preux, tes amis
Je ne suis qu’un français de notre grand Paris
Je ne suis qu’un poète, heureux, et je t’emmerde !

L’effet est puissant, du moins sur le public qui éclate en triomphe, et même si ces vers furent probablement écrits à l’avance, feignant la stichomythie, ils furent parfaitement instillés dans le cours de l’intrigue, fruits d’un timing irréprochable et d’un sens du spectacle que nul ne peut reprocher à leur auteur.

Ads I like (2010/Q1)

My Top 5 in January ;-)

1. Granny’s fries (without the granny)

2. The Real Milkshake

3. Lego. Rebuilt it!

4. Obamaille : la moutarde du changement

5. Becoming a donor is probably your only chance to get inside her

2 nouvelles conférences au programme

L’évangélisation de l’Entreprise 2.0, entamée en Belgique par Early Stage (tiens, avez-vous visité son nouveau site Web et son blog ?) il y a presque une année, poursuit bel et bien son sacerdoce avec la même conviction qu’aux premières heures. Pour preuve : deux nouvelles conférences auxquelles j’aurai l’honneur de “keynoter” comme on dit en naméricain.

La première, c’est ce jeudi 24 septembre, au SPF Economie, pour le compte de l’Association Belge de Documentation. Je vais y parler, avec Serge, des Principes, méthodes et outils 2.0 pour entreprises et institutions, soit une présentation synthétique des principes, méthodes et outils 2.0 pour entreprises et institutions, y compris les points relatifs aux changements humains qu’ils induisent. C’est l’après-midi, c’est 20 € pour les non-membres de l’ABD, et l’inscription se fait ici.

La seconde, c’est le lendemain, le vendredi 25 septembre, au Microsoft Innovation Center de Mons, pour le compte de Technocité, qui tourne, avec son Digital Innovators Tour, un peu partout en Wallonie dans un but similaire d’évangélisation technologique. Cette fois-ci, je vais y présenter une toute nouvelle plateforme Web 2.0 produite par Early Stage : Agorati.

Agorati est un portail Web 2.0 dont la fonction est d’agréger le flux RSS des blogs des politiques belges (élus et candidats) au sein d’une interface commune. Le site permet de consulter rapidement et simplement l’ensemble du discours politique belge, actuellement disséminé dans les centaines de blogs. Le portail permet de personnaliser l’affichage en fonction des politiques, des partis, des régions, des communes et des langues, mais aussi des thématiques d’actualité, de façon entièrement automatisée. Le portail permet également la participation citoyenne, par l’ajout de commentaires sur chaque article, et permet au visiteur de poser une question à plusieurs politiques en même temps, à partir d’une interface unique. Il s’agit apparemment du premier portail de ce type en Europe. Le lancement est prévu pour le 25 septembre. Si vous voulez être les premiers à découvrir l’interface en exclu, venez nous rendre visite à Mons ce jour-là (voir le programme et le formulaire d’inscription), ou bien suivez Agorati sur Twitter.

Waouw ! Que de jours excitants en perspective !

Une interview par Entreprise Globale

Il y a quelques jours, j’ai eu le plaisir d’être interviewé par Jean-Yves Huwart (Entreprise Globale) au sujet des concepts globaux de l’Entreprise 2.0 (et sans anglicismes, sans néolokismes, sans jargon, s’il vous plait :-).

Trois autres vidéos, et l’article associé, sont disponibles sur le site Entreprise Globale.

Démocratie participative : la promesse d’Obama

Early Stage entame actuellement une étude stratégique pour le gouvernement belge autour de l’e-gouvernement 2.0 dans le cadre des versions ultérieures du portail fédéral belgium.be. Dans le contexte des recherches que nous menons pour la mener à bien, nous nous intéressons évidemment aux orientations prises sur ce sujet par le Président-élu des Etats-Unis, Barack Obama, lors de sa campagne, et surtout à la façon dont il va convertir en programme politique l’énorme engouement qu’il a généré avant son élection, en exploitant de façon quasi-parfaites les potentialités nouvelles du Web et particulièrement des notions de réseautage social.

Obama présente, dans la vidéo ci-dessous, son programme Technologie, Innovation et Démocratie.Il y explique son ambition de créer une démocratie ouverte et participative, qui préfigurent ce que nous serons en droit d’attendre sur le vieux continent dans un avenir proche (principalement à partir de la quarante-septième seconde).

Ads I like (2008/Q4 - Special Fast Food)

En ces temps d’entre deux réveillons où la bonne chère est traditionnellement en bonne place sur nos tables, je ne résiste pas à collecter quelques créations originales de l’industrie de la mal bouffe, du junk food - même si les marques ne reculent devant rien pour démontrer la fraîcheur de leurs produits, comme McDo, qui a carrément installé un jardin potager devant ses enseignes.

Coca-Cola, dans le métro : si vous prenez du Coke Light, alors vous pouvez prendre l’escalator ; sinon prenez l’escalier.

Burger King a délibérément égaré 5000 portefeuilles dans les rues de Chicago et d’Orlando. L’idée n’est pas qu’ils soient rendus à leur propriétaire (”Don’t worry about lost & found. The King wants you to keep this wallet and everything in it.“). Il contenaient un faux permis de conduire, des bons de réductions, quelques dollars et un plan de la ville mentionnant l’emplacement des restaurants.

Un abribus McDonalds illustrant l’ouverture 24/24 de ses restaurants grâce à un poster lenticulaire dont l’affichage varie en fonction de la perspective. C’est en Nouvelle-Zélande. (GIF animé de Marketing Alternatif).

Un film, quatre écrans

Hervé Chabalier, délégué général du Festival des 4 écrans, a dit : “La révolution numérique conquiert chaque jour de nouveaux espaces. Elle bouleverse le monde de l’audiovisuel, même si elle le met souvent cul par-dessus tête. (…) Convergence des médias », « productions à 360° », « média global », ces expressions deviennent familières même si nous n’imaginons pas exactement les nouveaux comportements qui en découleront dans notre quotidien. (…) Ciné, télé, net, mobile, tout se met en place pour que la connaissance, la découverte, l’échange, la réflexion irriguent la planète.

(merci à Audry pour le lien)

Ads I like (2008/Q3)

Don’t let your teeth rot in hell.

London by Walkman

Gahns. Soap on a rope.

McDonald’s. Open all night.

Golf R32. Perfectly tuned.

Retour sur le net.art

En 2002, j’écrivais, au sein d’une note pour l’Université de Liège relative à la possibilité de création artistique avec Internet (les facultés étaient muettes sur le sujet à l’époque, sauf au Canada - Laval - ce n’est plus le cas aujourd’hui) :

L’œuvre de net.art, parce qu’elle s’instancie au chargement de la page, est irrémédiablement séparée de son support, elle s’en désolidarise. L’équipement lui-même devient objet interprétant : la transmission sur internet menacerait ainsi l’authenticité, la teneur de l’œuvre. Mais, en se désolidarisant de son support, elle en devient par la même occasion intimement tributaire. Son infinie reproductibilité est également son impossible reproduction, car elle dépend de l’équipement (informatique) qui lui offre son instance, et qui est donc acteur du processus créatif et artiste lui-même. L’enjeu de l’œuvre d’art visuel sur internet pourrait être la recherche d’une nouvelle forme d’expérience avec l’acteur-regardant, de nouvelles relations à l’œuvre ; l’exploration de nouvelles possibilités esthétiques. L’évolution de la technologie, donc de l’acteur-support, altère la nature de l’œuvre. L’œuvre se transforme perpétuellement ; elle présente constamment une forme aussi unique qu’éphémère. C’est la reproduction interactive en temps réel, qui génère une nouvelle forme d’aura.

Bon… ceux qui en ont le courage peuvent lire le texte in extenso ici. Le lecteur y trouvera quelques réflexions sur la création artistique participative grâce aux réseaux, notion qui, depuis un peu moins de deux ans, prend tout son sens et une ampleur insoupçonnée avec les Facebook, LinkedIn et autre Viadeo.

Ceci n’est d’ailleurs pas sans me rappeler l’expérience de l’université De Montfort appelée A Million Penguins, et dont le principe consiste à rédiger en six semaines un roman sur la base d’un wiki, un roman participatif donc. Trrrrès intéressant projet, qui explore à la fois les aspects collaboratifs de l’intelligence collective (on dira “intelligence sociale” maintenant) et la compatibilité de l’égo créatif (un écrivain en l’occurrence) avec ces nouveaux paradigmes.

Si quelqu’un est intéressé par le lancement d’une expérience similaire en français, qu’il n’hésite pas à me contacter !