Privé
Santiago 9/11 – Incipit
La lumière arriva en dépit des poignards. Un rai dardant fusa jusqu’à l’œil de Rubén, qu’il ouvrit aussitôt. Encore un matin alourdi des excès de la veille. L’aube envahit la cabane comme on allume la lumière, en filaments froids de soleil effiloché. Rubén frissonna, emmailloté dans le mauvais alcool de la veille qui lui frappait l’intérieur du crâne en rythme régulier.
Santiago 9/11 – Incipit
La lumière arriva en dépit des poignards. Un rai dardant fusa jusqu’à l’œil de Rubén, qu’il ouvrit aussitôt. Encore un matin alourdi des excès de la veille. L’aube envahit la cabane comme on allume la lumière, en filaments froids de soleil effiloché. Rubén frissonna, emmailloté dans le mauvais alcool de la veille qui lui frappait l’intérieur du crâne en rythme régulier.
Un prologue chilien
Neruda chante le Chili et l’élève à l’universel ; il célèbre sa nature, le vent d’autres automnes, la majesté des arbres contre la neige ; il loue le trésor vert, l’Amérique forestière, ronce sauvage entre les mers, il implore l’animal, l’oiseau, le fleuve, la roche, comme nul ne l’a fait ; chacun de ses vers est un acte de foi.
Un prologue chilien
Neruda chante le Chili et l’élève à l’universel ; il célèbre sa nature, le vent d’autres automnes, la majesté des arbres contre la neige ; il loue le trésor vert, l’Amérique forestière, ronce sauvage entre les mers, il implore l’animal, l’oiseau, le fleuve, la roche, comme nul ne l’a fait ; chacun de ses vers est un acte de foi.
La Rédemption du Téléphone
Je suis le Téléphone, le Neuf, l’Immérité. Le prince des mitaines aux applis de génie. Ma surface est plane, éternelle, ténébreuse, pourtant elle y accueille le royaume des mondes. On peut tout y lire, il y a une application pour tout ; je suis l’Hospitalité Ultime.
La Rédemption du Téléphone
Je suis le Téléphone, le Neuf, l’Immérité. Le prince des mitaines aux applis de génie. Ma surface est plane, éternelle, ténébreuse, pourtant elle y accueille le royaume des mondes. On peut tout y lire, il y a une application pour tout ; je suis l’Hospitalité Ultime.
La Tirade du Bide
Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme…
En variant le ton, – par exemple, et rapide :
Agressif : “Moi, monsieur, si j’avais un tel bide,
Il faudrait sur-le-champ que je le dégraissasse ! “
La Tirade du Bide
Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme…
En variant le ton, – par exemple, et rapide :
Agressif : “Moi, monsieur, si j’avais un tel bide,
Il faudrait sur-le-champ que je le dégraissasse ! “
Note sur la colère
J’explose. D’un large revers de la main, j’envoie la lampe de bureau s’émietter sur le sol (une Tiffany, copie parfaite), j’envoie valser ma chaise en cuir sur le long du parquet, je hurle quelques sons rauques en balayant une cabriole de derviche-tourneur, pour finir épuisé, assis sur le rebord de la fenêtre. Les rais dardant de tout à l’heure ne sont plus que lasers migraineux, et la poésie s’est faite ulcère. Ma colère fut foudroyante et solitaire, la pièce est ravagée, je me sens mieux.
Note sur la colère
J’explose. D’un large revers de la main, j’envoie la lampe de bureau s’émietter sur le sol (une Tiffany, copie parfaite), j’envoie valser ma chaise en cuir sur le long du parquet, je hurle quelques sons rauques en balayant une cabriole de derviche-tourneur, pour finir épuisé, assis sur le rebord de la fenêtre. Les rais dardant de tout à l’heure ne sont plus que lasers migraineux, et la poésie s’est faite ulcère. Ma colère fut foudroyante et solitaire, la pièce est ravagée, je me sens mieux.
Lettre à la Belgique
Il se peut que jamais je ne le dise en face
L’agonie épaissit les traits de tes frontières
Mais que le mal régresse et que les années passent
Quelques d’entre les tiens iront à vent contraire
Lettre à la Belgique
Il se peut que jamais je ne le dise en face
L’agonie épaissit les traits de tes frontières
Mais que le mal régresse et que les années passent
Quelques d’entre les tiens iront à vent contraire
Une première télé (en 1987)
« Quel con ! » Guy Lux me balance cette aimable apostrophe lorsque je le salue, à la suite de tous les autres, en arrivant pour la première fois sur le plateau de La Classe. J’ai dû mal entendre. Non, j’ai bien entendu. Ca ne doit pas m’être adressé. Si, ça m’est adressé. Ô joie. Voilà donc la célèbre éducation française, le savoir-vivre hexagonal dont on vante la rigueur aux fin fond des colonies. Mon premier contact avec Guy Lux : quel con.
Une première télé (en 1987)
« Quel con ! » Guy Lux me balance cette aimable apostrophe lorsque je le salue, à la suite de tous les autres, en arrivant pour la première fois sur le plateau de La Classe. J’ai dû mal entendre. Non, j’ai bien entendu. Ca ne doit pas m’être adressé. Si, ça m’est adressé. Ô joie. Voilà donc la célèbre éducation française, le savoir-vivre hexagonal dont on vante la rigueur aux fin fond des colonies. Mon premier contact avec Guy Lux : quel con.
On n’est pas couché : une réflexion (suite)
C’est au tour de Francis Lalanne de prendre place dans le « fauteuil », sellette intelligemment disposée coté cour, face aux rosiers du jardin. L’homme est élancé, élégant, le jean serré dans les bottines et le cheveu dans le catogan, matamore de cape et d’épée, el capitan des belles lettres françaises. La première question de Ruquier, neutre et bienveillante, lui attire une réponse franche et directe.
On n’est pas couché : une réflexion (suite)
C’est au tour de Francis Lalanne de prendre place dans le « fauteuil », sellette intelligemment disposée coté cour, face aux rosiers du jardin. L’homme est élancé, élégant, le jean serré dans les bottines et le cheveu dans le catogan, matamore de cape et d’épée, el capitan des belles lettres françaises. La première question de Ruquier, neutre et bienveillante, lui attire une réponse franche et directe.
On n’est pas couché : une réflexion
C’est un théâtre antique tout de bleu flouté, peuplé d’un public écrémé fait d’honnêtes citoyens et de jeunes biquettes pimplochées, soulignant de leurs applaudissements consentis les saillies des tragédiens, n’ayant cure des contradictions, applaudissant tantôt un camp, tantôt l’autre avec la même ferveur commandée.
On n’est pas couché : une réflexion
C’est un théâtre antique tout de bleu flouté, peuplé d’un public écrémé fait d’honnêtes citoyens et de jeunes biquettes pimplochées, soulignant de leurs applaudissements consentis les saillies des tragédiens, n’ayant cure des contradictions, applaudissant tantôt un camp, tantôt l’autre avec la même ferveur commandée.
Seraing-le-Chtu
Aujourd’hui, le fier donjon n’est plus que ruines ensevelies sous une végétation déchainée, navrante infortune qui abîme autant la pierre que la bourgade : c’est son nom même qui se déracine.
Seraing-le-Chtu
Aujourd’hui, le fier donjon n’est plus que ruines ensevelies sous une végétation déchainée, navrante infortune qui abîme autant la pierre que la bourgade : c’est son nom même qui se déracine.
Sociologie du comeback
Beaucoup pensent que les artistes sont des gens privilégiés formant une caste insondable aux rites parallèles. Bien souvent, l’opinion publique les classe en deux catégories distinctes, voire opposées. D’un côté se trouve le saltimbanque écorché, pauvrissime et bienheureux, qui produit
Sociologie du comeback
Beaucoup pensent que les artistes sont des gens privilégiés formant une caste insondable aux rites parallèles. Bien souvent, l’opinion publique les classe en deux catégories distinctes, voire opposées. D’un côté se trouve le saltimbanque écorché, pauvrissime et bienheureux, qui produit
Extrait aléatoire
Je propose mes services à L’Oréal, superpuissance cosmétique et fierté industrielle française qui, déjà, façonne les canons de la beauté universelle – qualité qui ne fut pas à l’origine de mon recrutement, alors barbu, maigrichon et gringalet. Je suis mobilisé au service commercial, le saint des saints, l’appareil critique de l’empire, le benzol capitaliste, le royaume des vendeurs – qualité qui ne fut pas, non plus, à l’origine de mon affectation : j’étais nul.
Extrait aléatoire
Je propose mes services à L’Oréal, superpuissance cosmétique et fierté industrielle française qui, déjà, façonne les canons de la beauté universelle – qualité qui ne fut pas à l’origine de mon recrutement, alors barbu, maigrichon et gringalet. Je suis mobilisé au service commercial, le saint des saints, l’appareil critique de l’empire, le benzol capitaliste, le royaume des vendeurs – qualité qui ne fut pas, non plus, à l’origine de mon affectation : j’étais nul.
Dans l’esprit d’un propriétaire d’une Audi A8
Unique concession à l’autosatisfaction (avec l’amour du champagne), je me suis offert, il y a trois ans, une voiture haut de gamme. Le plus haut modèle d’une marque allemande, réputée pour sa robustesse et sa disposition à afficher la réussite sociale de son propriétaire. Il s’agit d’une Audi A8, et jusqu’à ce qu’ils engendrent l’A10, il s’agira de la plus grosse berline grand public accessible au visiteur de concession.
Dans l’esprit d’un propriétaire d’une Audi A8
Unique concession à l’autosatisfaction (avec l’amour du champagne), je me suis offert, il y a trois ans, une voiture haut de gamme. Le plus haut modèle d’une marque allemande, réputée pour sa robustesse et sa disposition à afficher la réussite sociale de son propriétaire. Il s’agit d’une Audi A8, et jusqu’à ce qu’ils engendrent l’A10, il s’agira de la plus grosse berline grand public accessible au visiteur de concession.
Pour la scission de l’arrondissement Aywaille-Fléron
« Aywaille et Fléron, deux agréables communes qui n’ont plus rien de liégeois ! » si l’on en croit un commentateur anonyme à l’incontestable courage politique. Il ajoute qu’une fois le district scindé, ses habitants pourront être jugés en vrai wallon fléronais, incompréhensible des magistrats de l’ardente cité, qui ne djôsent qu’un français académique hermétique.
Pour la scission de l’arrondissement Aywaille-Fléron
« Aywaille et Fléron, deux agréables communes qui n’ont plus rien de liégeois ! » si l’on en croit un commentateur anonyme à l’incontestable courage politique. Il ajoute qu’une fois le district scindé, ses habitants pourront être jugés en vrai wallon fléronais, incompréhensible des magistrats de l’ardente cité, qui ne djôsent qu’un français académique hermétique.
Auteur Academy (Pierre Chavagné)
Au fil de mes lectures, la jubilation parfois se manifeste alors que je ne l’attends pas. Elle m’a surprise aujourd’hui, à la page 4 du premier roman de Pierre Chavagné, Auteur Academy, et ne m’a quittée que quelques heures plus tard au moment de me décider à la partager ici.
Auteur Academy (Pierre Chavagné)
Au fil de mes lectures, la jubilation parfois se manifeste alors que je ne l’attends pas. Elle m’a surprise aujourd’hui, à la page 4 du premier roman de Pierre Chavagné, Auteur Academy, et ne m’a quittée que quelques heures plus tard au moment de me décider à la partager ici.
Powézie : Paf ! le chien.
Je vais vous raconter l’histoire d’un clébard Qui, la nuit, silencieux, se dépêtra d’un bar Sa vie ne fut pas rose, passant de maître en maître Voulut plus d’une fois à jamais disparaître Né au fond d’une niche, il en
Powézie : Paf ! le chien.
Je vais vous raconter l’histoire d’un clébard Qui, la nuit, silencieux, se dépêtra d’un bar Sa vie ne fut pas rose, passant de maître en maître Voulut plus d’une fois à jamais disparaître Né au fond d’une niche, il en
Powézie :-)
Ma douleur, Caroline, sera donc éternelle Et les aimables soins Que prodigue en ce jour ta présence charnelle Ne l’apaisera point Assurément mon corps tressaillit du plaisir De ta caresse vive Il en gémit pourtant tel un vivant martyr Que
Powézie :-)
Ma douleur, Caroline, sera donc éternelle Et les aimables soins Que prodigue en ce jour ta présence charnelle Ne l’apaisera point Assurément mon corps tressaillit du plaisir De ta caresse vive Il en gémit pourtant tel un vivant martyr Que