Auteur Academy (Pierre Chavagné)

Au fil de mes lectures, la jubilation parfois se manifeste alors que je ne l’attends pas. Elle m’a surprise aujourd’hui, à la page 4 du premier roman de Pierre Chavagné, Auteur Academy, et ne m’a quittée que quelques heures plus tard au moment de me décider à la partager ici.

J’ai entamé la lecture de ce livre comme on ouvre un magazine un dimanche de pluie, sans ambition plus soutenue que celle de combler l’attente du réveil de mes enfants, tranquillement ensiestés. Ils finirent par m’extraire eux-mêmes de ma lecture, captive de la plume truculente de cet auteur d’un an mon cadet – fichtre !

J’ignore s’il est lui-même à l’origine du titre affreux de son premier opus. Il a cependant le mérite d’être honnête : Auteur Academy narre les péripéties de treize candidats d’une émission de télé-réalité (reality-chaud, écrit-il), qui substitue à la musique la littérature sur commande, mais en conserve les ingrédients essentiels : l’isolement, les caméras omniscientes, le confessionnal, les éliminations régulières, le sacro-saint vote du public, les interventions de la production, les copulations de salle de bains, l’audimat – le factice.

Que la morale de l’histoire réside dans la critique généreuse des mœurs télévisuelles de notre temps, là n’est pas, finalement, le véritable intérêt de l’ouvrage, en dépit de la pertinence des vues que l’on ne peut que partager. L’intérêt, c’est le ton, la langue, le plaisir évident de Chavagné à torturer son sujet, son style fleuri, insolent, pétri de références littéraires – forcément – cinématographiques aussi, montrant que tout n’est qu’une affaire d’écran, de montage, de choix.

Quelques passages délicieux se dénoncent eux-mêmes comme pastiche de scènes connues, mettant en scène tel chroniqueur culturicide, telle candidate nymphomane, tel animateur emmodé. Le discours est rythmé de citations latines, confirmant, s’il en était besoin, l’amour évident du narrateur pour les Lettres, et c’est finalement ce décalage entre littérature et télévision, entre prose et plan, qui ravit notre attention jubilatoire, de page en page, jusqu’à l’issue, fatale, devinée, évidente et rugueuse à la fois – qui consacre la victoire prévisible et incontestée de l’écran sur la page.

Ce fut un régal, j’en ai oublié la pluie.

Auteur Academy, Pierre Chevagné.

Powézie : Paf ! le chien.

Je vais vous raconter l’histoire d’un clébard
Qui, la nuit, silencieux, se dépêtra d’un bar
Sa vie ne fut pas rose, passant de maître en maître
Voulut plus d’une fois à jamais disparaître
Né au fond d’une niche, il en reçut des baffes
C’est pourquoi depuis lors on le surnomme… Paf

Et c’est donc Paf le chien (quoi ? Vous la connaissez ?)
Et c’est donc Paf le chien qui ce soir éméché
Entreprend, courageux, de traverser la rue
Nul passant, nul piéton, nulle auto, nulle grue
Fièrement, langue à terre, il pose la papatte
Sur la chaussée humide où jamais une chatte
N’osa s’aventurer, pensant au toit brûlant
Il se risque pourtant, s’avance lentement
Il ne sent pas l’alcool dont il s’est enivré
Il a pourtant lapé de grands cruchons entiers
Cette erreur est fatale, à gauche il ne voit rien
Surgit une Volvo et soudain : Paf ! le chien.

L’anecdote est fort triste et pourtant, chers amis
Elle arrive souvent aux animaux bien cuits
Tenez, hier soir encore, au sortir d’une boum
Un éléphant bien mûr, au petit nom de Poum
Se risqua, lui aussi, sur la chaussée tueuse
Ainsi Poum l’éléphant, plein de cidre et de gueuse
Entame son avance, passe le caniveau
Il ne voit rien à droite et soudain : Poum ! la Volvo.

Powézie :-)

Ma douleur, Caroline, sera donc éternelle
Et les aimables soins
Que prodigue en ce jour ta présence charnelle
Ne l’apaisera point

Assurément mon corps tressaillit du plaisir
De ta caresse vive
Il en gémit pourtant tel un vivant martyr
Que la survie motive

Cruel est ce délice que le tourment taquine
De son dur aiguillon
La torture aboutit, tu me tues, Caroline
Pitié, pitié, pardon !

Ôtez-moi, par pitié de ce lieu de débauche
Car le plaisir n’est roi
Que lorsque tu retires ton talon-aiguille gauche
De mon gros orteil droit

Heureusement qu’on nous prévient !

Vécu sur l’E40.

Voici pourquoi je suis “passé” sur Mac…

Sur l’écran de mon Vista ce matin :

C’est fort similaire à ce qu’on peut lire sur les sites qui considèrent les systèmes d’exploitation de Microsoft comme une intarrissable source d’humour - sauf que là, ça m’est arrivé. Dieu que je suis content de m’être converti !

Merry Christmas to you all!

Matthew Barack Santos Obama

L’élection présidentielle de ce mardi 4 novembre aux Etats-Unis n’est pas sans me rappeler avec délectation la 7ème saison de l’excellentissime série The West Wing (A la Maison Blanche), qui raconte la campagne (et la victoire) du député démocrate latino Matthew Santos. Cette saison fut réalisée il y a 4 ans.

Je me suis surpris à la revisionner ces dernières semaines, en suivant la réelle chronologie des faits entre la fiction et la réalité. Amazing!

Retour sur le net.art

En 2002, j’écrivais, au sein d’une note pour l’Université de Liège relative à la possibilité de création artistique avec Internet (les facultés étaient muettes sur le sujet à l’époque, sauf au Canada - Laval - ce n’est plus le cas aujourd’hui) :

L’œuvre de net.art, parce qu’elle s’instancie au chargement de la page, est irrémédiablement séparée de son support, elle s’en désolidarise. L’équipement lui-même devient objet interprétant : la transmission sur internet menacerait ainsi l’authenticité, la teneur de l’œuvre. Mais, en se désolidarisant de son support, elle en devient par la même occasion intimement tributaire. Son infinie reproductibilité est également son impossible reproduction, car elle dépend de l’équipement (informatique) qui lui offre son instance, et qui est donc acteur du processus créatif et artiste lui-même. L’enjeu de l’œuvre d’art visuel sur internet pourrait être la recherche d’une nouvelle forme d’expérience avec l’acteur-regardant, de nouvelles relations à l’œuvre ; l’exploration de nouvelles possibilités esthétiques. L’évolution de la technologie, donc de l’acteur-support, altère la nature de l’œuvre. L’œuvre se transforme perpétuellement ; elle présente constamment une forme aussi unique qu’éphémère. C’est la reproduction interactive en temps réel, qui génère une nouvelle forme d’aura.

Bon… ceux qui en ont le courage peuvent lire le texte in extenso ici. Le lecteur y trouvera quelques réflexions sur la création artistique participative grâce aux réseaux, notion qui, depuis un peu moins de deux ans, prend tout son sens et une ampleur insoupçonnée avec les Facebook, LinkedIn et autre Viadeo.

Ceci n’est d’ailleurs pas sans me rappeler l’expérience de l’université De Montfort appelée A Million Penguins, et dont le principe consiste à rédiger en six semaines un roman sur la base d’un wiki, un roman participatif donc. Trrrrès intéressant projet, qui explore à la fois les aspects collaboratifs de l’intelligence collective (on dira “intelligence sociale” maintenant) et la compatibilité de l’égo créatif (un écrivain en l’occurrence) avec ces nouveaux paradigmes.

Si quelqu’un est intéressé par le lancement d’une expérience similaire en français, qu’il n’hésite pas à me contacter !

Funny little Belgium (un stuuût ?)

J’ai eu la chance de co-écrire le dernier spectacle de Marc Herman (le 5ème Stuuût), lequel est, par la force des choses, devenu un bon pote avec qui nous avons quelques projets dans les cartons :-). Voici un extrait de ce dernier stuuût.