J’ai faim !

J’ai faim ! Mon estomac profère quelques gargouillis parfaitement intelligibles : il commande une pièce de bœuf irlandais, poêlée, saignante, et ceinturée de frites larges et brillantes. Savoureuse exigence à laquelle je me soumets avec bienveillance, d’autant que j’excelle en sa préparation. Il n’est que seize heures, et alors ?

D’un bond, je suis Bocuse aux fourneaux, toque et tablier enfilés, face au gaz. Une motte de beurre réduit lentement dans un creuset en fonte hérité d’une ancienne vie. J’y vais déposer la livre de bœuf préalablement frottée au gros sel, puis une sélection de morilles, chanterelles, cèpes et pleurotes, sautée à l’ail frais. D’où vous êtes, vous ne pouvez pas entendre le crépitement jouissif de la viande saisie, ni sentir le fumet composite des cuissons concurrentes, vous ne voyez pas les champignons fondre et brunir ; de votre fauteuil, votre lit, votre banc, votre autobus, tout ceci ne reste qu’une image ; en revanche, je suis certain que vous en salivez déjà.

One Comment

  1. Ben voilà, c’est malin, il est 16h moins 3 et j’ai faim!

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