Mission humanitaire à Madagascar

En mars 2013, pendant trois semaines, j’eus le privilège d’accompagner la mission humanitaire Amalgache, active depuis 2005, et dont la mission est d’améliorer la santé bucco-dentaire des enfants d’Ambalavao, sur les hauts plateaux au sud de la capitale Tananarive.


Amalgache

Je ne suis pas dentiste. Ni médecin. Ni même aide soignant. Mon expérience dans le secteur de la santé se résume à quelques visites chez le médecin, en tant que patient. Je prends le moins de médicaments possible. Or, l’expérience me tenta, précisément pour ça : me placer délibérément à l’opposé de ma zone de confort : dans un domaine que je ne maîtrise pas, au bas de l’échelle du groupe, entouré de co-missionnaires que je ne connaissais pas (sauf Bartho, vieux camarade par qui j’y fus introduit), sans aucune autorité quelconque sur qui que ce soit, à 12 000 kilomètres de ma famille, là où il fait très chaud. C’est ce décalage avec tout ce qui est connu qui m’intéressa, et je dois avouer que je fus servi. L’expérience fut extraordinaire. Nous avons soigné 800 gosses, extrait 1000 dents, réalisé plus de 200 soins, dans des conditions d’hygiène douteuses (ou carrément inexistantes). Nous avons sensibilisé 2000 enfants par des préventions en école. Enfants qui, sans quitter leur sourire, nous remerciaient après qu’on leur ait fait mal, la larme à l’oeil, qui nous embarquèrent dans des farandoles improvisées à la fin des journée, qui nous offrirent une orange quand c’était là leur seule nourriture du jour, qui tombèrent dans les pommes après l’anesthésie locale, qui firent le signe de croix avant d’entrer dans le dispensaire, qui nous demandèrent “comment c’est, là-bas, en Europe ?”, qui furent parfois courageux, refusant de pleurer, mais agrippant fermement les tabliers des praticiens, qui perdirent parfois 9 dents en 30 minutes et nous remercièrent ensuite, qui nous émurent simplement du début à la fin.

Au retour, je réalisai un moyen-métrage intitulé “Salama”, que je vous invite à visionner ci-dessous :

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