Pour une introduction à la science héraldique (partie 3/4)
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Après la Révolution Française, l’héraldique est interdite, et le reste de 1790 à 1808. Sous l’empire, Napoléon la rétablit avec la création de la Légion d’honneur (ce qui ouvre la voie vers une noblesse nouvelle) … et la réserve exclusivement à cette caste. 1808-1815 est donc la seule période de l’histoire (7 malheureuses années) où le blason est effectivement l’apanage de la noblesse. Héraldique impériale Cet épisode est la seconde cause de la confusion générale et des préjugés contemporains autour du blason. La noblesse impériale se composait de 5 degrés. Les blasons exprimaient le titre du titulaire au sein de leur composition, directement dans les pièces honorables : les princes et les ducs disposaient d’un chef particulier, les comtes militaires et les barons arboraient un franc-quartier, et les chevaliers un pal (sur lequel ils plaçaient l’étoile de leur ordre). Certains meubles sont interdits : l’aigle, la fleur de lis, l’abeille, la couronne. Cela dura 7 ans. A la Restauration (comme son nom l’indique bien), on restaura l’ancienne noblesse et son héraldique. Ornements extérieurs La codification du blason s’est complexifiée à travers les âges, jusqu’à rassembler plus de 15 éléments différents sur les mêmes armoiries. L’exemple ci-dessous représente les grandes armoiries du Royaume de Prusse, et est assez représentatif de ce que peut raisonnablement supporter un blason dans ses charges… Le TIMBRE : le sommet de l’écu (d’où l’expression “timbrer ses armes” d’un élément comme un casque, une couronne, etc). Les dérives héraldiques L’héraldique dispose d’un langage particulier, a priori incompréhensible pour le non initié. C’est pourquoi on l’a très vite taxée d’ésotérique, de mystique, voire de magique. On a par exemple parfois considéré le blason comme un code secret renfermant un message, comme le sémaphore. On a aussi symbolisé à outrance les composants : une planète, une vertu, un minerai étaient associés à chaque couleur. Ma position est bien plus pragmatique : tout trouve une explication dans l’histoire. Je ne résiste cependant pas à vous faire part de deux exemples de théories fumeuses : Un chercheur du 20ème siècle a démontré que la forme est une propriété de la matière : les réactions d’un nerf, d’un muscle, d’un métal enregistrés au moyen d’instruments appropriés se traduisent par un même diagramme. Il conclut ainsi qu’une continuité morphologique lie l’organique à l’inorganique, l’animé à l’inanimé. Par exemple, les mouvements de propagation des gaz dans un milieu liquide reproduisent exactement les principales partitions héraldiques : l’écartelé, l’écartelé en sautoir, le parti de un coupé de deux ou le gironné. L’autre exemple démontre que tout écu comporte la proportion (a+B)/a = a/b, soit le Nombre d’Or, formule parfaite, chère au Pythagoriciens, et que l’on retrouve dans plusieurs disciplines comme l’architecture (les pyramides, les cathédrales), la nature (les étoiles de mer, l’ananas) ou les beaux-arts. On a donc pensé que le blason était une représentation parfaite de la nature, et qu’à ce titre il recelait des vertus mystiques. Une autre dérive héraldique est le rébus systématique. On a pensé que tout blason cachait un rébus, que la représentation codifiait une raison plus profonde. Je vais donner deux exemples. Le rocher de Monaco fut conquis par ruse par le premier Grimaldi déguisé en moine. Les armes monégasques représentent un losangé en pal d’argent et de gueules; et deux soutiens : deux moines. Or Monaco signifie “moine” (jusque là, point de mystère). Mais en occitan provençal, losange se dit “Louzenge”, soit presque “Laousenngo” qui signifie « celui qui flatte pour tromper », rappelant la ruse historique.
Nous avons donc dessiné un aperçu de très haut vol de l’histoire de l’héraldique, et nous constatons qu’elle : • est toujours vivante J’espère vous avoir intéressé (surtout Olbow La quatrième et dernière partie s’intéressera aux techniques de blasonnement. |












