Huit réflexions sur les réseaux sociaux en ligne

(à l’intention de ceux qui envisagent de s’y implanter)

1. La pertinence d’une présence sur les réseaux sociaux en ligne est la première question à laquelle il faut répondre. Détrompez-vous, ce n’est pas si évident qu’on pourrait le penser – et méfiez-vous des gurus contemplateurs qui vont martèlent qu’il est in-dis-pen-sa-ble, de nos jours, de s’en passer.  Une “présence” sur les réseaux sociaux en ligne n’est pas comparable à une campagne de communication classique. D’ailleurs, le terme “présence” connote une certaine passivité, incompatible avec la dynamique interactionnelle qu’ils requièrent.  Au contraire, elle exige l’adoption d’une action, d’un comportement, d’une histoire. Il importe donc de s’assurer que cette décision soit inscrite dans le cadre d’une stratégie d’entreprise.

2. Une fois la décision prise (pour de bonnes raisons) d’être présent sur les réseaux sociaux, il s’agit de s’assurer que celle-ci soit optimale et professionnelle. Cela peut paraître évident mais on constate une tendance généralisée à l’amateurisation du processus, comme si les réseaux sociaux offraient une immunité qualitative et permettaient n’importe quoi. Que nenni ! votre “présence sociale” va forcément formater la personnalité de votre entreprise, forger une attitude, et celle-ci doit être en ligne avec son activité et ses valeurs. On parle ici de gestion de réputation (online reputation management) qui, loin d’être un concept à la mode, recouvre des enjeux importants et tangibles. Il faut réfléchir à son style, son tone of voice, aux frontières que l’on veut tracer en termes de familiarité, etc. Publier son lip dup d’entreprise ou un frétillant moonwalk est parfaitement adéquat pour une agence de communication, beaucoup moins pour un cabinet d’experts en optimisation fiscale (et à nouveau, méfiez-vous des gurus contemplateurs qui vont affirmeront le contraire).

3. Ensuite arrive le travail de configuration de sa présence. Il s’agit de confectionner l’écosystème dans lequel on va se déployer. Concrètement, il faut sélectionner les plateformes sociales avec soin, ne pas avoir peur de renoncer à certaines, faire des choix nécessaires : oui, oui, il est autorisé de décider de ne pas ouvrir de compte Twitter (si, si) et de ne pas créer de page Facebook, s’ils ne sont pas compatibles avec l’activité, la stratégie ou la personnalité de l’entreprise – ou si la valeur ajoutée n’est pas immédiatement perceptible (auquel cas l’effort ne vaudra pas le retour). Nous sommes ici dans le même ordre d’idée que le point 1.  Un exemple de configuration : une chaîne YouTube + une page d’entreprise sur LinkedIn + un blog de CEO + un compte Twitter pour le recrutement. Un autre : une galerie Flickr + un compte Slideshare, les deux rapatriés sur un blog collectif des salariés.

4. Nous parlons d’écosystème car les différentes plateformes sont évidemment interconnectables. Exploitons à fond les facilités permises par le Web 2.0, qui se propage à grands coups d’API, de widgets, de RSS et autres formats ouverts. Créer des liens entre les plateformes génère un tissu écosystémique qui automatise les mises à jour et optimise le référencement sur Google. Par exemple, importez vos photos Flickr sur votre page Facebook, vos présentations SlideShare sur LinkedIn, votre flux Twitter sur le blog, dont les posts sont repris sur Facebook (et on boucle la boucle).

5. Ne sous-estimez pas la charge de maintenance. Même si beaucoup de choses se mettront à jour automatiquement, il faudra toujours injecter du contenu intelligent à partir de quelque part pour qu’il se propage. Si ouvrir un compte YouTube est facile et rapide (quelques secondes), créer du contenu fréquent et intelligent pour l’y diffuser est, par contre, difficile et lent. Il faut mettre sur pied une chaîne de responsabilité, comme dans le bon vieux temps : un responsable, des opérants, des supports, etc – et dans une configuration réfléchie : une seule personne ? le CEO charismatique ? son assistante ? le département marketing ? l’ensemble des employés ?  Afin d’éviter l’anarchie ou le vide absolu, pensez à constituer cette chaîne avant toute chose.

6. À propos de blogs, il est essentiel de déterminer à l’avance s’il s’agit du blog personnel du patron (qu’il soit charismatique ou non, le blog à cet avantage particulier de transformer le petit chef timoré en jovial leader) ou de celui des employés. Il s’agit également d’éviter de faire de votre blog la version “cool” du module de news de la page d’accueil de votre site Web corporate : sur un blog, ce sont des gens qui parlent, et qui produisent donc une majorité de contenu neuf.

7. Les expressions customer engagement, ère conversationnelle, consommacteur (j’en passe et des meilleures) semblent être les nouvelles évangiles du marketeer interactif.  Alors oui : s’ouvrir au dialogue, interagir avec son audience, c’est très bien. Mais à nouveau, il ne faut pas tomber dans la contemplation béate. Il est naturellement impossible de nouer un dialogue one-to-one avec l’ensemble de votre clientèle (faites le calcul, juste pour rire,  avec les 1 500 000 clients ADSL de Belgacom, nécessitant chacun une interaction de deux minutes , et bien il faudrait 28 années/homme). Et si vous interagissez avec une cinquantaine d’entre eux (soit 0,00003%), pourrez-vous affirmer sans sourire que vous pratiquez la conversation ?

8. Dans le même ordre d’idées, il ne faut pas surestimer l’impact (et le reach) de votre présence sociale. A priori, le réseau social permet un phénomène d’amplification du message diffusé au sein de votre propre réseau. Mais encore faut-il développer ce dernier. Plus votre premier cercle sera important, plus l’amplification sera conséquente. Or, constituer ce premier cercle mobilise des exigences et des expertises finalement assez identiques à ce qui se fait hors de ces réseaux sociaux, (vous savez ? dans la vie réelle).

2 nouvelles conférences au programme

L’évangélisation de l’Entreprise 2.0, entamée en Belgique par Early Stage (tiens, avez-vous visité son nouveau site Web et son blog ?) il y a presque une année, poursuit bel et bien son sacerdoce avec la même conviction qu’aux premières heures. Pour preuve : deux nouvelles conférences auxquelles j’aurai l’honneur de “keynoter” comme on dit en naméricain.

La première, c’est ce jeudi 24 septembre, au SPF Economie, pour le compte de l’Association Belge de Documentation. Je vais y parler, avec Serge, des Principes, méthodes et outils 2.0 pour entreprises et institutions, soit une présentation synthétique des principes, méthodes et outils 2.0 pour entreprises et institutions, y compris les points relatifs aux changements humains qu’ils induisent. C’est l’après-midi, c’est 20 € pour les non-membres de l’ABD, et l’inscription se fait ici.

La seconde, c’est le lendemain, le vendredi 25 septembre, au Microsoft Innovation Center de Mons, pour le compte de Technocité, qui tourne, avec son Digital Innovators Tour, un peu partout en Wallonie dans un but similaire d’évangélisation technologique. Cette fois-ci, je vais y présenter une toute nouvelle plateforme Web 2.0 produite par Early Stage : Agorati.

Agorati est un portail Web 2.0 dont la fonction est d’agréger le flux RSS des blogs des politiques belges (élus et candidats) au sein d’une interface commune. Le site permet de consulter rapidement et simplement l’ensemble du discours politique belge, actuellement disséminé dans les centaines de blogs. Le portail permet de personnaliser l’affichage en fonction des politiques, des partis, des régions, des communes et des langues, mais aussi des thématiques d’actualité, de façon entièrement automatisée. Le portail permet également la participation citoyenne, par l’ajout de commentaires sur chaque article, et permet au visiteur de poser une question à plusieurs politiques en même temps, à partir d’une interface unique. Il s’agit apparemment du premier portail de ce type en Europe. Le lancement est prévu pour le 25 septembre. Si vous voulez être les premiers à découvrir l’interface en exclu, venez nous rendre visite à Mons ce jour-là (voir le programme et le formulaire d’inscription), ou bien suivez Agorati sur Twitter.

Waouw ! Que de jours excitants en perspective !

Une interview par Entreprise Globale

Il y a quelques jours, j’ai eu le plaisir d’être interviewé par Jean-Yves Huwart (Entreprise Globale) au sujet des concepts globaux de l’Entreprise 2.0 (et sans anglicismes, sans néolokismes, sans jargon, s’il vous plait :-).

Trois autres vidéos, et l’article associé, sont disponibles sur le site Entreprise Globale.

L’Entreprise 2.0 en Belgique

La semaine passée, Early Stage a organisé son premier Expert Seminar sur l’Entreprise 2.0 dans les locaux de l’ULB. Nous y avons invité Ben Caudron, qui a exploré pour nous les relations entre le Web 2.0 et l’Entreprise 2.0, avant de nous rendre la parole pour une présentation générique des concepts (les liens faibles, Slates, Flatnesses, 4C, etc). Enfin, Jean-Marc Bellot, Vice President International Distribution de blueKiwi Software, nous a offert une démo narrative de l’excellent produit blueKiwi - blueKiwi, dont Early Stage est désormais Certified Partner.

Un webcast sera bientôt disponible - en attendant, vous pouvez toujours parcourir les slides de notre présentation - qui, sans support oral, resteront relativement hermétiques, j’en conviens :-).

Démocratie participative : la promesse d’Obama

Early Stage entame actuellement une étude stratégique pour le gouvernement belge autour de l’e-gouvernement 2.0 dans le cadre des versions ultérieures du portail fédéral belgium.be. Dans le contexte des recherches que nous menons pour la mener à bien, nous nous intéressons évidemment aux orientations prises sur ce sujet par le Président-élu des Etats-Unis, Barack Obama, lors de sa campagne, et surtout à la façon dont il va convertir en programme politique l’énorme engouement qu’il a généré avant son élection, en exploitant de façon quasi-parfaites les potentialités nouvelles du Web et particulièrement des notions de réseautage social.

Obama présente, dans la vidéo ci-dessous, son programme Technologie, Innovation et Démocratie.Il y explique son ambition de créer une démocratie ouverte et participative, qui préfigurent ce que nous serons en droit d’attendre sur le vieux continent dans un avenir proche (principalement à partir de la quarante-septième seconde).

Enterprise20.be : référence et cohérence

Ce lundi 5 janvier, nous avons, au sein de Early Stage, lancé le site www.enterprise20.be complétement consacré (qui l’eut cru ?) au concept de l’Entreprise 2.0, notion encore assez vague auprès du public professionnel en dépit des réalités très concrètes qu’elle recouvre.

Nous avons, pour ce site Web, opté pour quelques partis-pris, dans un objectif de cohérence globale :

1/
L’estampille “2.0″, inspirant l’ouverture et la disponibilité d’un contenu ouvert, très Creative Commons, est reflétée sur le site par l’importation automatique d’un contenu existant ailleurs, syndiqué et compilé : outre le contenu propriétaire (principalement textuel), nous importons une vingtaine de vidéos de YouTube, de blog posts via flux RSS, des listes d’articles, de sites, de livres blancs et d’éditeurs importés de notre compte Delicious par flux RSS personnalisés.

2 /
Poussant le concept le plus loin possible, nous expérimentons ainsi la technique du CMS décentralisé ; le site Web est parfaitement statique (en HTML “hard-codé” comme on dirait en agence), il se contente d’intégrer automatiquement les flux de données issus de la présence d’Early Stage ailleurs sur le Web (YouTube, DailyMotion, Slideshare, Delicious, Netvibes, etc). Le site se met ainsi à jour lui-même sans avoir installé le moindre CMS : en enrichissant nos comptes ailleurs, le site centralise et reformate le contenu autour d’un style et d’un discours cohérent.

3 /
Par ailleurs, le site lui-même assume la perméabilité de ses frontières en encourageant le renvoi vers d’autres plateformes afin de participer à la conversation ou d’en apprendre davantage : nous incitons les visiteurs à discuter des mythes liés à l’Entreprise 2.0 sur notre page Facebook, nous leur proposons de se rendre sur notre Delicious pour découvrir les listes de liens complètes, et nous listons tous les endroits où, sur le Web, nous développons une présence liée à ce sujet.

    D’autres développements sont également envisageables, basés sur le même principe de syndication de contenu externe, publié par le biais de plateformes ou d’outils ouverts, flexibles, gratuits, “2.0″, et rapatrié, grâce aux flux RSS et à XML en général, au sein d’un site nom-de-domainisé, qui décidément semble progressivement devenir, dans des cas similaires au nôtre, le dernier bastion où il conserve encore un sens.

    Ce faisant, nous tentons d’exploiter les potentialités offertes par un Web ouvert et universellement compatibe (qui se plateformise et se mue en service, comme l’évangélise le Web 2.0) au service d’un objectif de communication professionnelle dont le sujet même impose que nous agissions ainsi dans un souci de cohérence.

    Et au final, outre le temps que nous y avons passé, ce site aura coûté 120 €.

    Early Stage sur Facebook (where else?)

    Early Stage dispose désormais de sa page sur Facebook. Pratique au-delà du hype ambiant, elle permet de concentrer rapidement et en toute facilité toutes sortes d’informations sur l’activité de l’entreprise, et se relie à tous les espaces Web sur lesquels elle est déjà présente (son propre blog, son espace Flickr, son répertoire Slideshare, sa chaîne YouTube, etc). Très pratique pour découvrir rapidement les multiples facettes de notre projet.

    blueKiwi, social software pour l’entreprise 2.0

    Dans le cadre des activités d’Early Stage sur l’Entreprise 2.0 (voir le site ou la page Facebook), j’ai récemment rencontré à Paris quelques sympathiques personnes de blueKiwi, éditeur d’un social software assez époustouflant (il s’agit donc d’un logiciel de réseaux sociaux pour entreprises). La petite vidéo ci-dessous en présente quelques fonctionnalités (hélas sans bande son), qui donnent un aperçu de la puissance de l’outil (un slideshare ou des Flickrs donneront également une vue plus précise).

    Comme nous en avons déjà beaucoup parlé sur le blog d’Early Stage, les entreprises vont rapidement faire face à l’irruption, sur le marché de l’emploi, de générations de nouveaux travailleurs nés après l’Internet (appelés Digital Natives ou Generation Y), complétement plongés dans la culture de l’interaction, du réseau social et de l’instantanéité. Les outils actuellement en place dans les entreprises ne leur conviendront guère, et contribueront sans doute à l’élévation des taux insoupçonnés de rotation de personnel.

    Il ne s’agit bien entendu que d’une évolution comme le monde du travail en a connu bien d’autres. Cependant, il serait dangereux d’en sous-estimer la portée, et les entreprises auront à réfléchir leur mutation progressive vers ces nouveaux modes de collaborations, préalablement à l’implémentation d’outils du type de blueKiwi - car l’outil ne règle rien, il n’est qu’un moyen au service d’un progrès collectivement diffusés par les hommes et les femmes qui composent les organisations.

    Petite réflexion fondamentale sur l’avenir des entreprises

    Dans le cadre du développement d’Early Stage, je travaille à l’élaboration d’une offre de services relative aux défis que vont devoir affronter les entreprises dans un avenir très proche, et pour lesquels des solutions de type Entreprise 2.0 semblent être appropriées. Quelques notes ci-dessous…

    (Nov. 17th)
    Since the Web 2.0 patterns have suddenly popped up, things have changed fast indeed – and these patterns have now stepped out of the ‘private-connected concern’ of one’s individual to spill out within companies and organisations – and whose side effects are already tangible.

    To name a few challenges companies are facing today:

    Generation Y is Digital Native. People who’re about to enter the business today have grown up digital, with connected computers and mobile phones in their young hands. Their connected growth has made them consider basic things differently: values, authority, information, communication, thinking patterns – turning existing structures and tools suddenly obsolete. (We strongly recommend the reading of Don Tapscott’s growing up digital, McGraw-Hill, 2008.) They’ll soon be your middle managers. Organisations will have to understand and digest this demographic move – and take the necessary actions to shape their business environment accordingly.

    Social Networks leverage Social Intelligence. Social networks usually refer to public areas (Facebook, LinkedIn, etc), but organisations should also pay attention on the corporate implications brought on the strategic table by the social interaction between their employees, and between their employees and stakeholders. Social Networks are both symptoms and results of the Digital Native demographic move, and they can be put to work for business: people connected through social networks are also employees as a mirror of companies and brands. Information and reputation flow along established or new friendships or groups, that need to be monitored, if not controlled.

    Technology Frameworks switch to Service. The reflex to go with a heavy, usine-à-gaz, expensive, low-flexible range of tools has become deeply established as the only way to work. But, new trends of Web technology clearly show the way towards the Web as a platform and widespread SaaS. It is now possible to equip a large pan-European company with front-office tools that are much lighter, cheaper, more flexible, more usable, more compatible – without sacrificing any piece of security. Moreover, these tools are built around the Collaborative Framework Paradigm briefly explained above. Things are changing, and alternatives exist. They are not gadgets, this is not science fiction – this is reality.

    These challenges are at our doors. Taking them into account has a big impact on the way one should consider traditional tools and work areas. Organisations who disregard those fundamental changes, don’t take the necessary actions or underfund such projects will face huge corporate-wide problems, not only on the HR side, but also on the whole business environment itself.

    More on www.earlystage.be very soon.

    Les réseaux sociaux et l’entreprise

    Vaste et passionnant sujet sur lequel Early Stage se penche depuis quelques temps, persuadée qu’il s’agit là d’un enjeu fondamental pour les entreprises dans les prochaines années. Bien plus que la problématique de recrutement, le “corporate social” touche les domaines plus vastes de GRH, de management, de partage de connaissance, d’outils partagés, d’éthique, de performance, de productivité, et même de philosophie (l’ensemble habituellement condensé dans le terme un peu spécieux de “Entreprise 2.0″).

    Un enjeu que mon pote Roald a très bien compris dans sa réflexion sur la socialligence (intelligence sociale, tissu d’interaction entre les membres, à distinguer de l’intelligence collective, résultat de cette interaction).

    A titre d’introduction à cette problématique, le petit film de Michaël Wesch sur la révolution de l’information.