Quel avenir pour le portail gouvernemental ? - Partie II

Cet article fait suite à l’introduction disponible ici.

L’avenir du portail institutionnel

Dans le cadre de la livraison d’un service public en ligne, la notion de portail public conserve tout son sens, en dépit de tendances qui en modifient légèrement les contours. Nous avons, dans l’article précédent, posé l’hypothèse d’un double mouvement parallèle de concentration des contenus et des accès, et de fragmentation des services. Cette tendance se confirme également par diverses études, explorant de différentes manières l’avenir des services publics en ligne, et notamment les travaux de Gartner (1), dans lesquels nous retrouvons les deux forces centripètes et centrifuges dont nous parlons dans cette introduction.

Plus de canaux

Le cabinet Gartner, à travers deux études, explique que la notion de portail national tendra à s’effriter au profit d’une fragmentation du service. Les citoyens agiront tels des consommateurs d’information et de services au travers d’agrégateurs et de réseaux sociaux. Le rapport mentionne : « The first-stop shop for almost anything on the Internet is a search engine, a personal home page, or a preferred home page that matches the consumer’s needs and interests. This type of home page is likely to be provided‚ not by a government organization, but by an Internet player (such as Google, Yahoo or MSN), a media company (such as CNN or The New York Times), a telecom operator (especially for mobile devices), an investment firm, a parent association or a golf club. » Ces canaux sont ceux qui sont effectivement utilisés actuellement pour trouver les services et contenus qui les intéressent, et Gartner prédit que les citoyens s’attendront, à court ou moyen terme, à y retrouver également des services e-gouvernementaux. Gartner conclut ainsi que les gouvernements devront s’assurer que leur information, services et applications seront accessibles à travers une variété de canaux différents, dont certains peuvent ne pas être directement contrôlés ou détenus par l’état.
Web services : « Consumerisation of Governments »

Gartner identifie le plus haut potentiel pour l’e-gouvernement dans le transfert d’une architecture orientée service vers une architecture orientée Web (Web-oriented Architecture, ou WOA). Par WOA, on entend principalement les Web Services réutilisables et les mashups. Gartner encourage le formatage granulaire de l’information, de façon à la rendre mashable et réutilisable par des tiers. Le rapport indique également que les données devraient être accessibles à des entités non-gouvernementales (Open Data).
Les mashups, REST et les autres technologies Web Services (ce que Gartner appelle le « Midoffice ») sont très appropriés pour l’e-gouvernement, en réponse à la granularisation des services et l’effacement progressif des points de contacts uniques. On pourrait appeler cette tendance « Consumerisation of Governments ».

Epuration fonctionnelle des portails

Nous avons conçu une série de grands principes directeurs (drivers) qui président à une tentative de définition des portails du futur. Pour les présenter, nous partons des fonctions principales qu’ils seront amenés à remplir.

Fonction #1 : faciliter l’accès et orienter (fonction dite « Gateway ») – Une des principales fonctions de base du portail public du futur consistera à fournir l’accès le plus rapide, le plus facile et le plus cohérent au contenu ou à l’application pertinente pour le visiteur. C’est ce que nous appelons la fonction « Gateway », que le portail usa.gov remplit déjà partiellement. Afin de remplir ce rôle, différents moyens seront déployés, dont le plus intéressant sera sans doute la personnalisation des interfaces par et pour le citoyen. Une des façons de rendre le gouvernement plus accessible et plus transparent est de s’assurer que le contenu est pertinent pour tous et chacun. Adapter les interfaces à ses besoins et profil (contenu, langue, applications, informations locales, etc) est plus efficace que naviguer à travers un tissu de liens Web à la taxonomie commune. Dans le même ordre d’idée, le moteur de recherche, aux algorithmes avancés, sera placé au centre des interfaces graphiques, comme la clé principale d’accès au contenu.

Fonction #2 : dispenser l’information officielle de base – La compilation, puis l’entretien de tous les contenus officiels au sein d’un portail central constituent un effort gigantesque. Par ailleurs, une grande majorité des contenus sont redondants avec l’information dispensée par les sites spécifiques (ministères, agences, services, etc). Le portail national aura pour fonction de dispenser l’information officielle de base, le tronc commun, celle qui ne se retrouve pas ailleurs, ou pas sous cette forme, qui est au-dessus des entités, ou qui les traverse (et outre le contenu statique, certaines applications propres à l’état central seront également prises en charge). Les technologies Web actuelles facilitant la portabilité des contenus (RSS, XML, mashups, widgets, etc) seront utilisées pour importer le contenu spécifique ainsi que toutes ses mises à jours ultérieures.

Fonction #3 : importer automatiquement les contenus spécifiques – Le portail du futur, s’il choisit de dispenser en son sein une information complète, ne prendra pas la responsabilité de la compiler et l’entretenir ; tous les contenus spécifiques (autres que le tronc commun) et leurs mises à jour (effectuées par les services concernés) seront importés automatiquement au sein du portail central. Une autre option consistera à ne proposer que des liens vers les sites en question, comme cela se fait déjà sur plusieurs portails étudiés.

Fonction #4 : importer automatiquement les applications spécifiques – Le portail public central ne prendra pas la responsabilité du développement, de l’infrastructure et du support des applications e-gov et des services en ligne. Cependant, il les importera au sein de son interface, en en centralisant l’accès et en les formatant de façon cohérente. Les applicatifs eux-mêmes seront hébergés au sein des infrastructures « locales », et importées, c’est-à-dire reproduites, en miroir, sur le portail central. Les applications seront également accessibles à partir des sites locaux (sans bénéficier des avantages du portail, comme le single sign-on, le style commun et l’accès centralisé). Une nécessaire instauration de standards technologiques et de lignes de conduite devra être mise sur pied afin de permettre l’interconnexion entre les applications et la flexibilité des imports, même si les évolutions techniques du Web autoriseront de plus en plus la jointure de formats hétérogènes. Dans la foulée, les domaines séparés (my.portal, my.belgium.be, Mon Service Public.xx) vont disparaître au profit de l’adresse URL centrale (wallonie.be). En d’autres termes, la frontière entre les fonctions de propriété (OWN) et de partage (SHARE) va se flouter de plus en plus pour finir par disparaître complètement, grâce à la transparence offerte par les évolutions de la technologie Web.

Fonction #5 : centraliser les accès sécurisés (Single Sign-On) – Grand avantage du portail du futur, le single sign-on permettra à l’utilisateur de s’identifier une fois par accéder à tous les services en ligne et à toutes les applications. Ceux-ci seront toujours accessibles à partir des sites locaux, mais y requerront une identification spécifique ou, plus probable, un login à partir du portail central, ce qui précipitera le désintérêt d’une connexion locale. En d’autres termes, le portail ne gérera pas les applications, diversifiées et éparpillées, mais offrira un accès commun à l’ensemble d’entre elles.

Fonction #6 : instaurer une cohérence visuelle et ergonomique – Réceptacle des contenus et applications distantes, le portail leur affectera une couche stylistique propre et commune, disposant une couche de cohérence globale sur des éléments disparates et éventuellement anarchiques en termes de graphisme, de style ou de taxonomie.

Fonction #7 : assurer la visibilité du service public – La fonction de communication et de promotion incombera également au portail central. A l’instar de ce que prend aujourd’hui en charge le portail usa.gov, le portail national du futur se chargera du marketing de l’e-service public en général : optimisation pour moteur de recherche (SEO), investissement des médias sociaux, promotion des contenus et des applications (content sharing, portabilité, RSS, widget, etc). Sa fonction de centralisation « virtuelle » d’éléments distants lui confèrera également la responsabilité d’une promotion centralisée.
Le schéma ci-dessous tente de reproduire la simplicité du modèle.

Centralisation des contenus et des accès
Le marché des portails Web est un marché de standards, dont les plus répandus sont les Java Portlet Specifications JSR 168 et sa version 2.0 JSR 286, ainsi que le WSRP 2.0 (Web Services for Remote Portals 2.0, actuellement en cours de spécification), qui régularisent l’import et le traitement de contenus et applications distants au sein de l’interface. Il s’agit alors de Portlets (ou WebParts chez Microsoft). L’évolution technologique affectée à ces standards confèrent au portail un vrai statut d’agrégateur de contenus et applications distantes, en permettant de les concentrer en un endroit centralisé et personnalisable.
Au niveau des accès, l’exemple d’OpenID est assez révélateur de la tendance.  Il s’agit d’un système d’authentification décentralisé qui permet l’authentification unique, ainsi que le partage d’attributs. Il permet à un utilisateur de s’authentifier auprès de plusieurs sites sans avoir à retenir un identifiant pour chacun d’eux mais en utilisant à chaque fois un unique identifiant. Même si l’adoption est encore lente, la volonté du marché d’en adopter le principe est claire : en janvier 2008, Yahoo a adopté ce standard pour ses 250 millions d’utilisateurs. En juillet 2008, c’est au tour de MySpace. En décembre 2008, c’est Dailymotion. En mai 2009, c’est Facebook. En outre, la Fondation OpenID a accueilli IBM, Microsoft et Google au sein de son conseil d’administration. Cette tendance illustre la standardisation croissante des accès à des interfaces multiples, et la volonté de réduire les points de contrôle en se basant sur un réseau d’acteurs de confiance. Cette approche est en phase avec la structure globale formulée dans notre hypothèse : les sites d’e-gouvernement spécifiques et décentralisés, s’ils déploient des contenus et applications eux-mêmes de façon autonome, bénéficie cependant de la confiance du portail public qui les chapeaute, et permettent à ses utilisateurs d’y accéder au départ de celui-ci.

Distribution des services

L’explosion du Web 2.0 est également un facteur de dynamisation du marché. Presque toutes les solutions en adoptent les principes de prise de contrôle de l’utilisateur final, de flexibilité de création, gestion et partage de l’information. En les important dans le produit, le portail est le cheval de Troie qui permet d’importer les principes 2.0 au sein des organisations. En parallèle, l’adoption d’initiatives BPM (Business Process Management) et SOA (Service-Oriented Architecture) favorisent l’utilisation du portail, véhicule idéal de ces concepts vers les utilisateurs finaux.

Tous les acteurs du marché du portail, à l’exception de SAP, ont déjà intégré dans leurs solutions des fonctionnalités dites 2.0, favorisant l’ouverture des frontières, la portabilité des données et la connexion interface entre différents outils. Toujours selon les prédictions de Forrester, les organisations vont adopter massivement le Web 2.0 au travers d’interfaces SaaS (Software as a Service), régénérant la notion de portail Web autour des notions de collaboration (wiki), de conversation (blog, réseau social), et d’ouverture des données (RSS, mashup). Le cabinet prédit également que les flux RSS vont prendre de plus en plus d’ampleur, favorisant ainsi la portabilité des contenus, voire des données issues d’applications transactionnelles. Dans le même ordre d’idée, les mashups vont, selon Forrester, s’améliorer et s’élargir pour offrir une véritable valeur ajoutée.

Selon Oracle, « Today, enterprise portals have moved beyond simple integration frameworks to embrace the user in a way no other enterprise application has done before. Instead of just presenting information, modern portal technology allows end-users to be part of information creation and sharing. In the future, it is likely that that the IT and business climate will change again as the next hot technology or approach hits the market. While it is difficult to predict what that will be, it is easy to predict that portals will be there and likely be the first to adapt, evolve, and utilize that new approach to push companies forward. »

(1) - The E-Government Hype Cycle Meets Web 2.0, Andrea Di Maio, Gartner, 2 October 2007, et Government and Web 2.0 : The Emerging Midoffice, Gartner, Andrea Di Maio, 26 September 2007.

Quel avenir pour le portail gouvernemental ?

Au cours des missions de consultance “e-gouvernement” que j’ai eu la chance de mener depuis plusieurs années, au sein d’Early Stage puis de K Company, nous avons petit à petit forgé quelques théories sur l’avenir théorique de la notion de “portail web” institutionnel ou gouvernemental. Analysons un peu cela… et commençons par les constats. Dans un post à venir, j’analyserai les tendances émergentes, et dans un troisième, ma vision “fonctionnelle” du portail gouvernemental du futur.

Nous commençons par énoncer l’hypothèse que la notion de portail public centralisé reste l’option la plus appropriée dans la livraison d’un service public en ligne, et que ce portail va évoluer vers un modèle reposant sur deux forces parallèles et apparemment opposées :

/// Une force centrifuge, tendant vers la granularisation et la distribution multi-canale des services (fragmentation de la livraison du service, portabilité des données et des applications), et :

/// Une force centripète, tendant vers la concentration des contenus officiels communs (données et applications) et des points d’accès, accompagné d’une cohérence stylistique.

L’analyse de nombreux portails institutionnels en Europe et dans le monde révèle quelques tendances actuelles de fond, résumées en quelques points ci-dessous.

Une fonction vertébrale d’orientation – La plupart des portails institutionnels répondent à la fonction primaire d’orientation du visiteur vers le contenu ou l’application qu’il cherche. De nombreuses fonctionnalités sont déployées pour faire de cette fonction un modèle du genre : moteurs de recherche sémantique, thématiques ou faceted, métadonnées, répertoire de liens, etc. Au-delà de cet objectif principal, qui a lui seul justifie l’existence d’un portail (voir usa.gov), le degré de complétude et de complexité dépend de choix stratégiques gouvernementaux : plusieurs positionnements sont en effet possibles au-delà de la fonction carrefour : s’y limiter, incorporer du contenu propre, incorporer l’ensemble du contenu officiel, reléguer les contenus aux entités concernées, etc.

La quête de la simplicité – Tous les portails publics étudiés sont dans un processus de simplification. Réduire l’accès au gouvernement en ligne par la petite porte d’un portail centralisé est d’une complexité infinie. C’est un peu comme vouloir tasser le contenu d’un semi-remorque dans le coffre d’une voiture citadine. En réaction, les portails recherchent un ordonnancement propre à inspirer un sentiment de simplicité – même s’il s’agit en fait d’une gageure – et certains vont même jusqu’à l’affirmer en crédo :

La difficulté du guichet unique – La plupart des pays étudiés (à l’exception des Pays-Bas) a renoncé à vouloir concentrer, au sein d’un seul et même portail, l’intégralité des services publics en ligne. Bien que certains restes de cette volonté de concentration soient encore accessibles (Mon Service Public.fr par exemple), la tendance générale est de contourner cette difficulté en la substituant par des liens plus ou moins intelligents entre le portail central et les services distribués. Le bouillonnement des initiatives publiques en matière d’e-gouvernement, dans des pays vastes ou au profil administratif complexe (comme la Belgique), rend extrêmement complexe une telle concentration. Le rôle d’un portail national semble ainsi tendre vers la facilitation d’un accès cohérent et homogène à des fonctionnalités transactionnelles éparpillées et hétérogènes.

Trois niveaux de distribution – Résultat du contournement de la complexité de concentration, les services transactionnels en ligne sont généralement concentrés derrière une interface dédiée (my.xx). Ceci nous amène à représenter la structure globale actuelle dans un tableau à trois entrées :

Ce schéma illustre la structure générale actuelle des portails publics : ils opèrent généralement (il existe des exceptions) une distinction très nette entre la propriété et le partage, et la frontière est physiquement marquée par les noms de domaines (portal.xx et my.portal.xx, voire portal.xx et autrechose.xx). Quant au Cloud et la présence dans les médias sociaux, il s’agit encore d’initiatives embryonnaires ; c’est pourtant là que se cristalliseront les paradigmes conversationnels, au cœur même des interfaces qu’affectionne le quotidien des gens. Nous verrons plus loin que, si la distinction entre propriété et partage est parfaitement sensée, les évolutions et tendances actuelles du Web autorisent une porosité des frontières entre les plateformes, au profit d’une plus grande cohérence.

Participation citoyenne limitée – Les initiatives qualifiées de 2.0 restent limitées. Au-delà des fonctionnalités inoffensives (partage de contenu, commentaires, etc), la véritable fonction de Démocratie Participative n’est guère présente. On en est d’ailleurs assez loin. Les rares initiatives publiques allant dans ce sens se sont soldées par des échecs cuisants. Lorsqu’elle fonctionnent ou simplement survivent, elles sont issues de la société civile. Il semble donc important de ne pas surestimer le paradigme conversationnel et la composante participative dans l’analyse e-gov 2.0, à la fois par la capacité des gouvernements à en maîtriser les impacts et par la réceptivité du citoyen à de telles ouvertures. Cependant, un des aspects semble se démarquer : la démocratisation des données. Parce qu’elle ne requière pas d’interaction directe avec le citoyen, la démarche d’ouvrir les bases de données publiques aux initiatives citoyennes (principalement sous forme de mashup) est assez répandue (surtout aux Etats-Unis) et, avec les centaines d’initiatives relevées sur le Web, est promise à un bel avenir. Ceci confirme que l’Open Data est la condition principale et exclusive d’une avancée vers l’e-gouvernance 2.0.
Nous retrouvons, au sein de ces quelques tendances, la double force évoquée en introduction : le mouvement centrifuge de fragmentation du service (difficulté du guichet unique, trois niveaux de distribution) et le mouvement centripète de concentration des contenus et des accès (fonction vertébrale d’orientation, quête de la simplicité).

A dans quelques jours pour la suite :-)

Pour la scission de l’arrondissement Aywaille-Fléron

La désastreuse actualité politique inspire les édiles locales à rebondir sur l’émoi collectif afin d’exprimer leurs velléités territoriales et faire passer l’exigence avec l’eau du bain. Réunis sous le vocable « district de Fléron », ce canton électoral désire être scindé de l’arrondissement de Liège pour des raisons « éminemment culturelles et géologiques » (dit-on dans les milieux bien informés).

« Aywaille et Fléron, deux agréables communes qui n’ont plus rien de liégeois ! » si l’on en croit un commentateur anonyme à l’incontestable courage politique. Il ajoute qu’une fois le district scindé, ses habitants pourront être jugés en vrai wallon fléronais, incompréhensible des magistrats de l’ardente cité, qui ne djôsent qu’un français académique hermétique. Cette situation est par ailleurs fort répandue : ne dit-on pas « traduire en justice » ?

Il va plus loin : il affirme que la scission de l’arrondissement Aywaille-Fléron n’est qu’un premier pas vers l’indépendance aquilienne pure et simple. Aywaille mérite son autonomie, elle abrite tout de même la vache à lait économique du Monde Sauvage, leur « petit Zaventem » (sic). Par ailleurs, ultime estocade, Fléron et Aywaille sont et resteront éternellement séparés par une barrière naturelle irréductible : l’E25.

Scindons l’arrondissement Aywaille-Fléron ! Maintenant !

2 nouvelles conférences au programme

L’évangélisation de l’Entreprise 2.0, entamée en Belgique par Early Stage (tiens, avez-vous visité son nouveau site Web et son blog ?) il y a presque une année, poursuit bel et bien son sacerdoce avec la même conviction qu’aux premières heures. Pour preuve : deux nouvelles conférences auxquelles j’aurai l’honneur de “keynoter” comme on dit en naméricain.

La première, c’est ce jeudi 24 septembre, au SPF Economie, pour le compte de l’Association Belge de Documentation. Je vais y parler, avec Serge, des Principes, méthodes et outils 2.0 pour entreprises et institutions, soit une présentation synthétique des principes, méthodes et outils 2.0 pour entreprises et institutions, y compris les points relatifs aux changements humains qu’ils induisent. C’est l’après-midi, c’est 20 € pour les non-membres de l’ABD, et l’inscription se fait ici.

La seconde, c’est le lendemain, le vendredi 25 septembre, au Microsoft Innovation Center de Mons, pour le compte de Technocité, qui tourne, avec son Digital Innovators Tour, un peu partout en Wallonie dans un but similaire d’évangélisation technologique. Cette fois-ci, je vais y présenter une toute nouvelle plateforme Web 2.0 produite par Early Stage : Agorati.

Agorati est un portail Web 2.0 dont la fonction est d’agréger le flux RSS des blogs des politiques belges (élus et candidats) au sein d’une interface commune. Le site permet de consulter rapidement et simplement l’ensemble du discours politique belge, actuellement disséminé dans les centaines de blogs. Le portail permet de personnaliser l’affichage en fonction des politiques, des partis, des régions, des communes et des langues, mais aussi des thématiques d’actualité, de façon entièrement automatisée. Le portail permet également la participation citoyenne, par l’ajout de commentaires sur chaque article, et permet au visiteur de poser une question à plusieurs politiques en même temps, à partir d’une interface unique. Il s’agit apparemment du premier portail de ce type en Europe. Le lancement est prévu pour le 25 septembre. Si vous voulez être les premiers à découvrir l’interface en exclu, venez nous rendre visite à Mons ce jour-là (voir le programme et le formulaire d’inscription), ou bien suivez Agorati sur Twitter.

Waouw ! Que de jours excitants en perspective !

Ancienneté des moeurs administratives

“Ce qui caractérise l’administration, c’est la haine violente que lui inspirent indistinctement tous ceux qui veulent s’occuper d’affaires publiques en dehors d’elle. Le moindre corps indépendant qui semble vouloir se former sans son concours lui fait peur, la plus petite association libre, quel qu’en soit l’objet, l’importune ; elle ne laisse subsister que celles qu’elles a composées arbitrairement et qu’elle préside. Les grandes compagnies industrielles elles-mêmes lui agréent peu ; en un mot elle n’entend pas que les citoyens s’ingèrent d’une manière quelconque dans l’examen de leur propres affaires ; elle préfère la stérilité à la douceur d’un peu de licence pour les consoler de leur servitude, le gouvernement permet de discuter fort librement toutes sortes de théories générales et abstraites en matière de religion, de philosophie, de morale et même de politique. Il souffre volontiers qu’on attaque les principes fondamentaux sur lesquels reposait jusqu’alors la société et qu’on discute jusqu’à Dieu même, pourvu qu’on ne glose pas sur ses moindres agents.”

Elégant trait d’Alexis de Tocqueville, d’une modernité remarquable, et pourtant oeuvre de la première moitié du 19ème siècle. Cet Alex est décidément un auteur à relire, débarrassé de la contrainte universitaire, et avec le regard neuf du consultant en Politique 2.0. Je gage qu’on y retrouvera quelques perles du genre !

Politique 2.0 en Belgique : encore du chemin, madame !

Le colloque “Politique 2.0″ organisé au Moulin de Beez le 6 mars dernier par Technocité, et auquel j’ai eu la chance de participer en tant que paneliste, a démontré, une fois encore, le fossé substantiel qui subsiste entre la bonne volonté et l’action, entre le politique et l’expert Web, entre l’intention électoraliste et la véritable conversation. Voici le reportage, en deux parties, qu’en fit la RTBF, qui a couvert l’événement par le biais de l’émission Intermedias.

Démocratie participative : la promesse d’Obama

Early Stage entame actuellement une étude stratégique pour le gouvernement belge autour de l’e-gouvernement 2.0 dans le cadre des versions ultérieures du portail fédéral belgium.be. Dans le contexte des recherches que nous menons pour la mener à bien, nous nous intéressons évidemment aux orientations prises sur ce sujet par le Président-élu des Etats-Unis, Barack Obama, lors de sa campagne, et surtout à la façon dont il va convertir en programme politique l’énorme engouement qu’il a généré avant son élection, en exploitant de façon quasi-parfaites les potentialités nouvelles du Web et particulièrement des notions de réseautage social.

Obama présente, dans la vidéo ci-dessous, son programme Technologie, Innovation et Démocratie.Il y explique son ambition de créer une démocratie ouverte et participative, qui préfigurent ce que nous serons en droit d’attendre sur le vieux continent dans un avenir proche (principalement à partir de la quarante-septième seconde).

Funny little Belgium (un stuuût ?)

J’ai eu la chance de co-écrire le dernier spectacle de Marc Herman (le 5ème Stuuût), lequel est, par la force des choses, devenu un bon pote avec qui nous avons quelques projets dans les cartons :-). Voici un extrait de ce dernier stuuût.

Ensemble, on peut tout faire

L’autodérision et l’humour, nappés d’une fine couche de sentimentalisme orthodoxe, donnent des résultats d’une étonnante efficacité.

La cohésion naitra de nos différences, et cette amusante leçon rappelant notre devise nationale (vous savez, l’union, la force, tout ça…), si elle s’adresse à la communauté Wallonie-Bruxelles, appelle aussi à son interprétation nationale : ensemble, on peut tout faire. Francophones et Flamands aussi. Belges.