From the heart of the Tower

Innocentia Veritas Viat Fides Circumdederunt me inimici mei

by Sir Thomas Wyatt, the Elder

Who list his wealth and ease retain,
Himself let him unknown contain.
Press not too fast in at that gate
Where the return stands by disdain,
For sure, circa Regna tonat.

The high mountains are blasted oft
When the low valley is mild and soft.
Fortune with Health stands at debate.
The fall is grievous from aloft.
And sure, circa Regna tonat.

These bloody days have broken my heart.
My lust, my youth did them depart,
And blind desire of estate.
Who hastes to climb seeks to revert.
Of truth, circa Regna tonat.

The bell tower showed me such sight
That in my head sticks day and night.
There did I learn out of a grate,
For all favour, glory, or might,
That yet circa Regna tonat.

By proof, I say, there did I learn:
Wit helpeth not defence too yerne,
Of innocency to plead or prate.
Bear low, therefore, give God the stern,
For sure, circa Regna tonat.

Quel avenir pour le portail gouvernemental ? - Partie II

Cet article fait suite à l’introduction disponible ici.

L’avenir du portail institutionnel

Dans le cadre de la livraison d’un service public en ligne, la notion de portail public conserve tout son sens, en dépit de tendances qui en modifient légèrement les contours. Nous avons, dans l’article précédent, posé l’hypothèse d’un double mouvement parallèle de concentration des contenus et des accès, et de fragmentation des services. Cette tendance se confirme également par diverses études, explorant de différentes manières l’avenir des services publics en ligne, et notamment les travaux de Gartner (1), dans lesquels nous retrouvons les deux forces centripètes et centrifuges dont nous parlons dans cette introduction.

Plus de canaux

Le cabinet Gartner, à travers deux études, explique que la notion de portail national tendra à s’effriter au profit d’une fragmentation du service. Les citoyens agiront tels des consommateurs d’information et de services au travers d’agrégateurs et de réseaux sociaux. Le rapport mentionne : « The first-stop shop for almost anything on the Internet is a search engine, a personal home page, or a preferred home page that matches the consumer’s needs and interests. This type of home page is likely to be provided‚ not by a government organization, but by an Internet player (such as Google, Yahoo or MSN), a media company (such as CNN or The New York Times), a telecom operator (especially for mobile devices), an investment firm, a parent association or a golf club. » Ces canaux sont ceux qui sont effectivement utilisés actuellement pour trouver les services et contenus qui les intéressent, et Gartner prédit que les citoyens s’attendront, à court ou moyen terme, à y retrouver également des services e-gouvernementaux. Gartner conclut ainsi que les gouvernements devront s’assurer que leur information, services et applications seront accessibles à travers une variété de canaux différents, dont certains peuvent ne pas être directement contrôlés ou détenus par l’état.
Web services : « Consumerisation of Governments »

Gartner identifie le plus haut potentiel pour l’e-gouvernement dans le transfert d’une architecture orientée service vers une architecture orientée Web (Web-oriented Architecture, ou WOA). Par WOA, on entend principalement les Web Services réutilisables et les mashups. Gartner encourage le formatage granulaire de l’information, de façon à la rendre mashable et réutilisable par des tiers. Le rapport indique également que les données devraient être accessibles à des entités non-gouvernementales (Open Data).
Les mashups, REST et les autres technologies Web Services (ce que Gartner appelle le « Midoffice ») sont très appropriés pour l’e-gouvernement, en réponse à la granularisation des services et l’effacement progressif des points de contacts uniques. On pourrait appeler cette tendance « Consumerisation of Governments ».

Epuration fonctionnelle des portails

Nous avons conçu une série de grands principes directeurs (drivers) qui président à une tentative de définition des portails du futur. Pour les présenter, nous partons des fonctions principales qu’ils seront amenés à remplir.

Fonction #1 : faciliter l’accès et orienter (fonction dite « Gateway ») – Une des principales fonctions de base du portail public du futur consistera à fournir l’accès le plus rapide, le plus facile et le plus cohérent au contenu ou à l’application pertinente pour le visiteur. C’est ce que nous appelons la fonction « Gateway », que le portail usa.gov remplit déjà partiellement. Afin de remplir ce rôle, différents moyens seront déployés, dont le plus intéressant sera sans doute la personnalisation des interfaces par et pour le citoyen. Une des façons de rendre le gouvernement plus accessible et plus transparent est de s’assurer que le contenu est pertinent pour tous et chacun. Adapter les interfaces à ses besoins et profil (contenu, langue, applications, informations locales, etc) est plus efficace que naviguer à travers un tissu de liens Web à la taxonomie commune. Dans le même ordre d’idée, le moteur de recherche, aux algorithmes avancés, sera placé au centre des interfaces graphiques, comme la clé principale d’accès au contenu.

Fonction #2 : dispenser l’information officielle de base – La compilation, puis l’entretien de tous les contenus officiels au sein d’un portail central constituent un effort gigantesque. Par ailleurs, une grande majorité des contenus sont redondants avec l’information dispensée par les sites spécifiques (ministères, agences, services, etc). Le portail national aura pour fonction de dispenser l’information officielle de base, le tronc commun, celle qui ne se retrouve pas ailleurs, ou pas sous cette forme, qui est au-dessus des entités, ou qui les traverse (et outre le contenu statique, certaines applications propres à l’état central seront également prises en charge). Les technologies Web actuelles facilitant la portabilité des contenus (RSS, XML, mashups, widgets, etc) seront utilisées pour importer le contenu spécifique ainsi que toutes ses mises à jours ultérieures.

Fonction #3 : importer automatiquement les contenus spécifiques – Le portail du futur, s’il choisit de dispenser en son sein une information complète, ne prendra pas la responsabilité de la compiler et l’entretenir ; tous les contenus spécifiques (autres que le tronc commun) et leurs mises à jour (effectuées par les services concernés) seront importés automatiquement au sein du portail central. Une autre option consistera à ne proposer que des liens vers les sites en question, comme cela se fait déjà sur plusieurs portails étudiés.

Fonction #4 : importer automatiquement les applications spécifiques – Le portail public central ne prendra pas la responsabilité du développement, de l’infrastructure et du support des applications e-gov et des services en ligne. Cependant, il les importera au sein de son interface, en en centralisant l’accès et en les formatant de façon cohérente. Les applicatifs eux-mêmes seront hébergés au sein des infrastructures « locales », et importées, c’est-à-dire reproduites, en miroir, sur le portail central. Les applications seront également accessibles à partir des sites locaux (sans bénéficier des avantages du portail, comme le single sign-on, le style commun et l’accès centralisé). Une nécessaire instauration de standards technologiques et de lignes de conduite devra être mise sur pied afin de permettre l’interconnexion entre les applications et la flexibilité des imports, même si les évolutions techniques du Web autoriseront de plus en plus la jointure de formats hétérogènes. Dans la foulée, les domaines séparés (my.portal, my.belgium.be, Mon Service Public.xx) vont disparaître au profit de l’adresse URL centrale (wallonie.be). En d’autres termes, la frontière entre les fonctions de propriété (OWN) et de partage (SHARE) va se flouter de plus en plus pour finir par disparaître complètement, grâce à la transparence offerte par les évolutions de la technologie Web.

Fonction #5 : centraliser les accès sécurisés (Single Sign-On) – Grand avantage du portail du futur, le single sign-on permettra à l’utilisateur de s’identifier une fois par accéder à tous les services en ligne et à toutes les applications. Ceux-ci seront toujours accessibles à partir des sites locaux, mais y requerront une identification spécifique ou, plus probable, un login à partir du portail central, ce qui précipitera le désintérêt d’une connexion locale. En d’autres termes, le portail ne gérera pas les applications, diversifiées et éparpillées, mais offrira un accès commun à l’ensemble d’entre elles.

Fonction #6 : instaurer une cohérence visuelle et ergonomique – Réceptacle des contenus et applications distantes, le portail leur affectera une couche stylistique propre et commune, disposant une couche de cohérence globale sur des éléments disparates et éventuellement anarchiques en termes de graphisme, de style ou de taxonomie.

Fonction #7 : assurer la visibilité du service public – La fonction de communication et de promotion incombera également au portail central. A l’instar de ce que prend aujourd’hui en charge le portail usa.gov, le portail national du futur se chargera du marketing de l’e-service public en général : optimisation pour moteur de recherche (SEO), investissement des médias sociaux, promotion des contenus et des applications (content sharing, portabilité, RSS, widget, etc). Sa fonction de centralisation « virtuelle » d’éléments distants lui confèrera également la responsabilité d’une promotion centralisée.
Le schéma ci-dessous tente de reproduire la simplicité du modèle.

Centralisation des contenus et des accès
Le marché des portails Web est un marché de standards, dont les plus répandus sont les Java Portlet Specifications JSR 168 et sa version 2.0 JSR 286, ainsi que le WSRP 2.0 (Web Services for Remote Portals 2.0, actuellement en cours de spécification), qui régularisent l’import et le traitement de contenus et applications distants au sein de l’interface. Il s’agit alors de Portlets (ou WebParts chez Microsoft). L’évolution technologique affectée à ces standards confèrent au portail un vrai statut d’agrégateur de contenus et applications distantes, en permettant de les concentrer en un endroit centralisé et personnalisable.
Au niveau des accès, l’exemple d’OpenID est assez révélateur de la tendance.  Il s’agit d’un système d’authentification décentralisé qui permet l’authentification unique, ainsi que le partage d’attributs. Il permet à un utilisateur de s’authentifier auprès de plusieurs sites sans avoir à retenir un identifiant pour chacun d’eux mais en utilisant à chaque fois un unique identifiant. Même si l’adoption est encore lente, la volonté du marché d’en adopter le principe est claire : en janvier 2008, Yahoo a adopté ce standard pour ses 250 millions d’utilisateurs. En juillet 2008, c’est au tour de MySpace. En décembre 2008, c’est Dailymotion. En mai 2009, c’est Facebook. En outre, la Fondation OpenID a accueilli IBM, Microsoft et Google au sein de son conseil d’administration. Cette tendance illustre la standardisation croissante des accès à des interfaces multiples, et la volonté de réduire les points de contrôle en se basant sur un réseau d’acteurs de confiance. Cette approche est en phase avec la structure globale formulée dans notre hypothèse : les sites d’e-gouvernement spécifiques et décentralisés, s’ils déploient des contenus et applications eux-mêmes de façon autonome, bénéficie cependant de la confiance du portail public qui les chapeaute, et permettent à ses utilisateurs d’y accéder au départ de celui-ci.

Distribution des services

L’explosion du Web 2.0 est également un facteur de dynamisation du marché. Presque toutes les solutions en adoptent les principes de prise de contrôle de l’utilisateur final, de flexibilité de création, gestion et partage de l’information. En les important dans le produit, le portail est le cheval de Troie qui permet d’importer les principes 2.0 au sein des organisations. En parallèle, l’adoption d’initiatives BPM (Business Process Management) et SOA (Service-Oriented Architecture) favorisent l’utilisation du portail, véhicule idéal de ces concepts vers les utilisateurs finaux.

Tous les acteurs du marché du portail, à l’exception de SAP, ont déjà intégré dans leurs solutions des fonctionnalités dites 2.0, favorisant l’ouverture des frontières, la portabilité des données et la connexion interface entre différents outils. Toujours selon les prédictions de Forrester, les organisations vont adopter massivement le Web 2.0 au travers d’interfaces SaaS (Software as a Service), régénérant la notion de portail Web autour des notions de collaboration (wiki), de conversation (blog, réseau social), et d’ouverture des données (RSS, mashup). Le cabinet prédit également que les flux RSS vont prendre de plus en plus d’ampleur, favorisant ainsi la portabilité des contenus, voire des données issues d’applications transactionnelles. Dans le même ordre d’idée, les mashups vont, selon Forrester, s’améliorer et s’élargir pour offrir une véritable valeur ajoutée.

Selon Oracle, « Today, enterprise portals have moved beyond simple integration frameworks to embrace the user in a way no other enterprise application has done before. Instead of just presenting information, modern portal technology allows end-users to be part of information creation and sharing. In the future, it is likely that that the IT and business climate will change again as the next hot technology or approach hits the market. While it is difficult to predict what that will be, it is easy to predict that portals will be there and likely be the first to adapt, evolve, and utilize that new approach to push companies forward. »

(1) - The E-Government Hype Cycle Meets Web 2.0, Andrea Di Maio, Gartner, 2 October 2007, et Government and Web 2.0 : The Emerging Midoffice, Gartner, Andrea Di Maio, 26 September 2007.

Quel avenir pour le portail gouvernemental ?

Au cours des missions de consultance “e-gouvernement” que j’ai eu la chance de mener depuis plusieurs années, au sein d’Early Stage puis de K Company, nous avons petit à petit forgé quelques théories sur l’avenir théorique de la notion de “portail web” institutionnel ou gouvernemental. Analysons un peu cela… et commençons par les constats. Dans un post à venir, j’analyserai les tendances émergentes, et dans un troisième, ma vision “fonctionnelle” du portail gouvernemental du futur.

Nous commençons par énoncer l’hypothèse que la notion de portail public centralisé reste l’option la plus appropriée dans la livraison d’un service public en ligne, et que ce portail va évoluer vers un modèle reposant sur deux forces parallèles et apparemment opposées :

/// Une force centrifuge, tendant vers la granularisation et la distribution multi-canale des services (fragmentation de la livraison du service, portabilité des données et des applications), et :

/// Une force centripète, tendant vers la concentration des contenus officiels communs (données et applications) et des points d’accès, accompagné d’une cohérence stylistique.

L’analyse de nombreux portails institutionnels en Europe et dans le monde révèle quelques tendances actuelles de fond, résumées en quelques points ci-dessous.

Une fonction vertébrale d’orientation – La plupart des portails institutionnels répondent à la fonction primaire d’orientation du visiteur vers le contenu ou l’application qu’il cherche. De nombreuses fonctionnalités sont déployées pour faire de cette fonction un modèle du genre : moteurs de recherche sémantique, thématiques ou faceted, métadonnées, répertoire de liens, etc. Au-delà de cet objectif principal, qui a lui seul justifie l’existence d’un portail (voir usa.gov), le degré de complétude et de complexité dépend de choix stratégiques gouvernementaux : plusieurs positionnements sont en effet possibles au-delà de la fonction carrefour : s’y limiter, incorporer du contenu propre, incorporer l’ensemble du contenu officiel, reléguer les contenus aux entités concernées, etc.

La quête de la simplicité – Tous les portails publics étudiés sont dans un processus de simplification. Réduire l’accès au gouvernement en ligne par la petite porte d’un portail centralisé est d’une complexité infinie. C’est un peu comme vouloir tasser le contenu d’un semi-remorque dans le coffre d’une voiture citadine. En réaction, les portails recherchent un ordonnancement propre à inspirer un sentiment de simplicité – même s’il s’agit en fait d’une gageure – et certains vont même jusqu’à l’affirmer en crédo :

La difficulté du guichet unique – La plupart des pays étudiés (à l’exception des Pays-Bas) a renoncé à vouloir concentrer, au sein d’un seul et même portail, l’intégralité des services publics en ligne. Bien que certains restes de cette volonté de concentration soient encore accessibles (Mon Service Public.fr par exemple), la tendance générale est de contourner cette difficulté en la substituant par des liens plus ou moins intelligents entre le portail central et les services distribués. Le bouillonnement des initiatives publiques en matière d’e-gouvernement, dans des pays vastes ou au profil administratif complexe (comme la Belgique), rend extrêmement complexe une telle concentration. Le rôle d’un portail national semble ainsi tendre vers la facilitation d’un accès cohérent et homogène à des fonctionnalités transactionnelles éparpillées et hétérogènes.

Trois niveaux de distribution – Résultat du contournement de la complexité de concentration, les services transactionnels en ligne sont généralement concentrés derrière une interface dédiée (my.xx). Ceci nous amène à représenter la structure globale actuelle dans un tableau à trois entrées :

Ce schéma illustre la structure générale actuelle des portails publics : ils opèrent généralement (il existe des exceptions) une distinction très nette entre la propriété et le partage, et la frontière est physiquement marquée par les noms de domaines (portal.xx et my.portal.xx, voire portal.xx et autrechose.xx). Quant au Cloud et la présence dans les médias sociaux, il s’agit encore d’initiatives embryonnaires ; c’est pourtant là que se cristalliseront les paradigmes conversationnels, au cœur même des interfaces qu’affectionne le quotidien des gens. Nous verrons plus loin que, si la distinction entre propriété et partage est parfaitement sensée, les évolutions et tendances actuelles du Web autorisent une porosité des frontières entre les plateformes, au profit d’une plus grande cohérence.

Participation citoyenne limitée – Les initiatives qualifiées de 2.0 restent limitées. Au-delà des fonctionnalités inoffensives (partage de contenu, commentaires, etc), la véritable fonction de Démocratie Participative n’est guère présente. On en est d’ailleurs assez loin. Les rares initiatives publiques allant dans ce sens se sont soldées par des échecs cuisants. Lorsqu’elle fonctionnent ou simplement survivent, elles sont issues de la société civile. Il semble donc important de ne pas surestimer le paradigme conversationnel et la composante participative dans l’analyse e-gov 2.0, à la fois par la capacité des gouvernements à en maîtriser les impacts et par la réceptivité du citoyen à de telles ouvertures. Cependant, un des aspects semble se démarquer : la démocratisation des données. Parce qu’elle ne requière pas d’interaction directe avec le citoyen, la démarche d’ouvrir les bases de données publiques aux initiatives citoyennes (principalement sous forme de mashup) est assez répandue (surtout aux Etats-Unis) et, avec les centaines d’initiatives relevées sur le Web, est promise à un bel avenir. Ceci confirme que l’Open Data est la condition principale et exclusive d’une avancée vers l’e-gouvernance 2.0.
Nous retrouvons, au sein de ces quelques tendances, la double force évoquée en introduction : le mouvement centrifuge de fragmentation du service (difficulté du guichet unique, trois niveaux de distribution) et le mouvement centripète de concentration des contenus et des accès (fonction vertébrale d’orientation, quête de la simplicité).

A dans quelques jours pour la suite :-)

Dans l’esprit d’un propriétaire d’une Audi A8

Unique concession à l’autosatisfaction (avec l’amour du champagne), je me suis offert, il y a trois ans, une voiture haut de gamme. Le plus haut modèle d’une marque allemande, réputée pour sa robustesse et sa disposition à afficher la réussite sociale de son propriétaire. Il s’agit d’une Audi A8, et jusqu’à ce qu’ils engendrent l’A10, il s’agira de la plus grosse berline grand public accessible au visiteur de concession. Je dois être un des rares à la conduire moi-même. Je n’ai pas souscrit à l’option « chauffeur », d’abord pour le plaisir de piloter l’engin moi-même, et aussi parce que son électronique embarquée s’y substitue aisément, comme une sorte de conducteur invisible qui se parque tout seul, même en marche arrière, qui se maintient entre les lignes blanches, qui détecte les véhicules alentours, qui ralentit à leur approche, qui accélère pour les doubler, qui anticipe les collisions, et qui me mène là où je le désire par commande vocale. Il s’en faut de peu pour que je puisse lire mon journal sur l’autoroute. C’est la mort annoncée de Driving Miss Daisy. Je me rappelle m’être bien marré le jour de l’achat. Le vendeur était surexcité à l’idée de boucler son objectif mensuel en une seule vente. Il m’a présenté, sans rire, l’option « Key Warming System », qui mémorise dans la clé de contact tes préférences personnelle de chauffage intérieur, au cas où tu serais vraiment trop fainéant pour presser trois fois un bouton qui se trouve par défaut… sur le volant. Je pouvais également opter pour le double vitrage, si mes préoccupations écologiques chatouillaient ma pulsion d’achat. Ça compenserait un peu le quatre litre qui repose sous le capot. En fait c’est surtout pour l’isolation phonique. Le clou : le récepteur télé intégré à l’écran du système de navigation. Le type était convaincu qu’il allait me la fourguer, celle-là, parce que j’étais un « homme de média ». Il n’a pas compris pourquoi j’ai boudé sa téloche à trois mille euros. Par contre, le téléphone intégré est, bien entendu, fourni de série. Si vous connaissez le numéro de la voiture, vous pouvez y déposer un message vocal à son intention expresse, et que je n’entendrai qu’une fois à bord. Appeler un correspondant est aussi simple que de prononcer son nom à haute voix ; la machine compose alors le numéro et appelle. Lorsque la voiture est mise en service, une jeune dame annonce vos messages. Je l’ai appelée Naomi, du nom de qui vous devinez.

Croissance et enthousiasme

Le 23 juin 2010, Bart, Serge et moi, partenaires au sein d’Early Stage, sommes passés devant le notaire afin d’ouvrir le capital de notre entreprise au groupe Cronos. Cet investissement transforme Early Stage (sprl) en K Company (sa) et nous ouvre les portes d’une croissance subite et d’opportunités croissantes. Autant dire que le moment fut excitant, même si nous gardons tous la mesure des enjeux. Ci-dessous, un extrait du communiqué de presse qui est publié pour l’occasion.

Early Stage devient K Company

Le cabinet de conseil en e-business EARLY STAGE devient K Company suite à une prise de participation du groupe Cronos au capital de la société. Les impacts sont positifs et nombreux.

La croissance d’Early Stage

Active depuis 2008 dans les domaines de l’e-business, la stratégie web, l’Entreprise 2.0 et l’e-gouvernement, la société Early Stage vient d’ouvrir son capital au groupe flamand Cronos, important acteur technologique au nord du pays. Ce mariage offre à Early Stage l’opportunité de franchir un grand bond dans sa croissance, et fournit à Cronos l’expertise stratégique et l’extension nationale nécessaires à la constitution d’un acteur majeur dans le paysage digital belge. C’est ainsi que nait la société anonyme « K Company ».

La transformation en K Company

Grâce à cet investissement et aux synergies générées par ce rapprochement, K Company peut désormais proposer à ses clients une offre de services combinant l’approche stratégique qui fut au cœur des activités d’Early Stage et les larges compétences techniques disponibles au sein du groupe Cronos. K Company apporte au marché une marque intégrée en commercialisant les services de Cronos sous une bannière unique. Cette intégration permet à K Company d’afficher un revenu consolidé de plus de 15 millions d’euros et de compter 120 experts dans ses rangs. Par ailleurs, les réseaux de contacts combinés permettent à la nouvelle structure d’atteindre une clientèle élargie sur l’ensemble du territoire belge. « Cronos et Early Stage étaient souvent présents au sein des mêmes comptes, et la complémentarité des approches nous permet maintenant de multiplier notre force de frappe », affirme Bart Van Den Kieboom, Managing Partner de K Company.

Une offre de services étendue

Le positionnement de K Company s’inscrit dans le service à haute valeur ajoutée offert aux grands comptes et aux institutions. Son offre de services s’étend désormais à l’ensemble des prestations d’intégration technologique, supportées par l’approche stratégique qui a fait son succès initial. « Nous étions spécialisés dans les premières phases des projets digitaux : stratégie, analyse, support. Nous pouvons maintenant compter sur la compétence d’un vaste vivier d’experts et d’ingénieurs en développement informatique, sur pratiquement toutes les technologies disponibles sur le marché », affirme Laurent Kinet, Managing Partner de K Company. La société fournit désormais des solutions complètes en e-business (portails d’entreprise, plateformes collaboratives, e-commerce, réseau social d’entreprise), en e-marketing (web, mobile, télévision interactive, médias sociaux), et en CRM, chacune étant abordée sous l’angle stratégique, en intégrant ces solutions dans l’écosystème économique, opérationnel et humain de ses clients.

Voir http://www.earlystage.be en attendant http://www.k-cy.com.